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Double agression d'une IDEL montpelliéraine

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Une fois encore, hélas, Alain Rochois, président du Conseil de l'Ordre des infirmiers de l'Hérault nous informe d'une nouvelle agression dont a été victime une infirmière libérale montpelliéraine, victime par deux fois, à quelques jours d'intervalle, et jusqu'à chez elle, d'une de ses patientes. Cette histoire révoltante a été publiée dans l'édition du Midi-Libre du 25 novembre dernier. La partager est déjà un signe de solidarité dont la communauté soignante, dans son ensemble, doit faire preuve.

personne stop violence main

Une nouvelle agression - double agression même - dont a été victime une infirmière libérale montpelliéraine.

Alain Rochois le rappelle dans les colonnes du quotidien1, depuis le début de l'année, il y a eu pas mal d'infirmières agressées, des agressions de plus en plus violentes qui ne suscitent pas de réactions ministérielles. L'été 2014 avait été particulièrement édifiant en la matière avec une véritable série noire qui avait touché les infirmières libérales de l'hexagone : plusieurs agressions et un drame à Strasbourg qui avait coûté la vie à l'une d'entre elles . Le silence "assourdissant de Marisol Touraine" qui s'en était suivi avait mis en émoi - en colère - la communauté infirmière - notamment sur les réseaux sociaux - qui avait organisée une marche blanche en plein mois d'août en hommage à leur consoeur.

On tape à la porte, j'ouvre et, là, elle me tombe dessus, me fait chuter au sol avec le pied, puis me traîne dehors, me tape la tête contre le mur. J'ai crié...

Une fois encore, donc, les soignants sont malmenés, maltraités, violentés, comme c'est le cas pour Jeanine qui raconte sa double agression à la fin du mois d'octobre 2014. Cette infirmière libérale aux trente années d'exercice, interviewée par Jean-François Codomie dans le Midi-Libre, est encore sous le choc de la violence des faits, choquée psychologiquement et meurtrie dans son corps. Je n'avais jamais eu de souci, mais là, ça fait peur. Je ne suis pas quelqu'un de peureux, mais là c'était une furie, capable de tout. Elle raconte que sa patiente s'en est d'abord violemment prise à elle, verrouillant la porte de son domicile, la gifleant, lui arrachant son sac à main, lui dérobant ses feuilles de soins, l'insultant pour la jetter ensuite dehors. Ce n'est hélas pas tout. Deux jours plus tard, la patiente qui a réussi à avoir l'adresse personnelle de Jeanine, l'agresse chez elle. On tape à la porte, j'ouvre et, là, elle me tombe dessus, me fait chuter au sol avec le pied, puis me traîne dehors, me tape la tête contre le mur. J'ai crié... Ensuite elle a essayé de me gazer avec ce qui ressemblait à une bombe lacrymogène. Elle m'a ensuite pris mon sac et est partie en arrachant les essuies-glace de ma voiture.

Bilan : entorse cervicale et traumatisme psychologique... Jeanine a bien entendu fait constater les dommages et a dénoncé les faits au commissariat. Elle précise que depuis, elle n'a aucune nouvelle, que son agresseur a déjà eu maille à partir avec un de ses confrères qui était arrivé en retard à son domicile. L'article souligne que Jeanine ne sait toujours pas quelques trois semaines après les faits si son assaillante a été entendue par la police...

Il faut éviter de banaliser les situations de violence alors que l'exercice quotidien devient de plus en plus insécure

Face à cette nouvelle agression, Alain Rochois, rappelle, quelque peu dépité, que sans signal fort de nos tutelles, les soignants tentent de s'organiser au plan départemental, notamment en faisant des réunions et des leviers d'alerte, tout en se rapprochant de la police. Il souligne également que l'Ordre national des infirmiers a mis en place un système d'alerte sur son site internet et un Observatoire des violences pour que l’infirmiee agressé reçoive, s'il le souhaite, le soutien et l’aide de l'institution ordinale. Pour Alain Rochois,  les professionnels ne se signalent pas suffisamment face à des situations de violence ou d'agression. Il faut pourtant éviter de les banaliser alors que l'exercice quotidien devient de plus en plus insécure.

Le ministère des Affaires sociales, de la santé et des Droits des femmes prêtera-til cette fois l'oreille à cette nouvelle agression et prendra-t-il des mesures concrètes pour protéger les soignants dans leur exercice quotidien... Car où va le monde qui agresse et violente les acteurs qui font preuve de bienveillance à son égard ?


Note

  1. Article du Midi-Libre du 25 novembre 2014 "L'infirmière agressée par deux fois par la même patiente" par Jean-François Codomié.

Creative Commons License

Rédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (6)

elhombredelamancha

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64 commentaires

#6

mouais...

sans prendre le parti d eusebe , prendre des coups fait hélas bien partie du quotidien , et ce n est pas prêt de changer ...
sur le fond comme sur la forme , on a ici affaire à un "article" faits-divers-et-chiens-écrasés dont le seul "intérêt" très relatif , est de donner un petit espace démagogique à l oni , à l opportunisme
un rien consternant...
c est bien gentil hein la ritournelle solidarité-consternation-dénonciation-observation-réflexion etc etc etc , et après ?

eusèbe

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497 commentaires

#5

Pas de problème.

Bien évidemment, l’agressivité et la violence m'interpellent car elles ne sont pas que dans la rue et ne concernent pas que les soignants.
En institution, des formations sont organisées sur ce sujet et des actions locales sont mises en place pour essayer de la réduire et de s'en protéger.
Il est clair que dans l'exercice libéral, tout devient beaucoup plus compliqué et c'est aux pouvoirs publics de prendre les choses en mains et de mettre des actions efficaces en place, et là, j'en reviens à la formation, qui, sans être essentielle, peut apporter quelque chose.
Mais on peut aussi continuer à observer ce qui est un fait connu, mais cela ne semble pas faire beaucoup bouger les choses.

IDE des rues

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2 commentaires

#4

T'as un sérieux problème, Eusèbe

Eusebe, franchement ici, l'ordre on s'en tape !!! Une collègue se fait tabasser et la seule chose que tu sais dire c'est une fois de plus : l'ordre c'est des naz !! Rien à foutre de l’ordre ici !!
Et à part parler de l'ordre tu sais faire autre chose ??

eusèbe

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497 commentaires

#3

Des connaisseurs.

C'est vrai que les pro-ordres sont des connaisseurs en termes de violence : relances téléphoniques pour réclamer des sous, utilisation de services contentieux agressifs (toujours pour de l'argent), dénonciations de non-inscrits au procureur, etc...
Et tout cela en affirmant dans une campagne actuelle de propagande que l'ordre protège les infirmiers.
La lutte contre la violence doit être de tous les instants, mais sans cet ordre qui ne sert à rien.

vesunna

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52 commentaires

#2

Consternant

la réaction d'Eusèbe, consternant. Une réaction qui lui donne une bonne occasion de parler de son anti-ordinalisme primaire, mais qui ne lui donne toujours aucune efficacité et encore moins d'utilité.

eusèbe

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497 commentaires

#1

Bonne occasion.

Voilà une bonne occasion de parler de l'ordre infirmier mais qui ne lui donne toujours aucune efficacité et encore moins d'utilité.