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Confinement : des psychiatres craignent "une perte de chance intolérable" pour leurs patients

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Epidémiologie

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Un plan blanc pour les hôpitaux, un plan bleu pour les Ehpad et rien pour la psychiatrie. Dans une tribune parue jeudi 9 avril dans le Parisien, une centaine de médecins (90 psychiatres, des psychologues, ainsi que des associations de malades) alertent sur la situation de leurs patients atteints de pathologies psychiatriques pendant le confinement, évoquant une « perte de chance », et demandent des moyens. Ils ont dû développer de nouvelles modalités de suivi des patients à distance pour faire face et parer au plus pressé. En tout, 2,5 millions de personnes prises en charge en psychiatrie sont concernées. La "grande vulnérabilité" de ces malades dans le contexte épidémique nous fait craindre une perte de chance intolérable. A l'heure où la pandémie nous frappe tous, ces personnes doivent être traitées avec la plus grande attention, plaident les signataires, qui estiment que leurs patients restent dans l'angle mort de nos politiques publiques (...) Ceux qui étaient suivis régulièrement dans les centres de soins psychiatriques ne peuvent plus s'y rendre aujourd'hui, et risquent donc de voir leur pathologie préexistante s'aggraver, s'inquiètent les signataires. Les patients concernés souffrent une fois et demie à deux fois plus souvent que le reste de la population de pathologies associées, comme des troubles cardiovasculaires, du diabète ou de l'hypertension, et sont donc plus vulnérables face au Covid-19, observent les auteurs de ce texte. En proie à des altérations de la mémoire et de la concentration, ils peuvent aussi éprouver plus de difficultés à respecter les règles de confinement et les gestes barrières, soulignent les auteurs de cette tribune.  

Dans l'immédiat, les équipes de soignants ont développé de nouvelles modalités de suivi à distance pour prévenir les décompensations psychiatriques ou le risque suicidaire, mais à l'avenir, la psychiatrie devra prévenir des situations de stress post-traumatiques ou d'états dépressifs qui pourraient découler de la crise actuelle, estiment les auteurs. Selon eux, la psychiatrie française doit bénéficier de plans d'urgence et de moyens si elle veut pouvoir répondre demain à une nouvelle situation épidémique et à ses effets négatifs en termes de santé mentale sur la population française.

Lire la tribune dans les colonnes du Parisien

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