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Covid-19 et lésions cutanées : les dermatologues appellent à la vigilance mais aussi à la prudence

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Médecin

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La Société Française de Dermatologie (SFD) rappelle que depuis le début de l'épidémie en France, des signes cutanés ont été récemment rapportés comme possiblement associés au Covid-19. Les dermatologues ont tout d'abord été alertés par quelques cas de taches rouges (érythème) sur le visage de patients infectés par le Covid-19. Dans ce contexte, la SFD a lancé un appel à cas le 30 mars dernier. L'objectif est de documenter les observations de lésions cutanées chez ces patients suspects de Covid et d'avoir suffisamment d'éléments pour indiquer une conduite à tenir qu'elle soit diagnostique ou thérapeutique. Alors que les érythèmes du visage semblent très rares, nous ont été rapportées assez rapidement, des lésions ressemblant à des engelures, surtout sur les orteils. Le nombre de cas parait important et la survenue inhabituelle en cette saison, mais il faut souligner que très peu de ces observations ont été bien documentées avec un test Covid, et la plupart surviennent chez des patients sans signes associés et sans contexte de contage, a expliqué par communiqué la présidente de la société savante  Marie Beylot Barry. Et de poursuivre, parmi les rares cas documentés, il semblerait qu'ils surviennent plutôt tard dans l'infection, pouvant ainsi suggérer un mécanisme d'origine immunologique. À ce jour, nous n'avons pas encore de preuve pour affirmer qu'il s'agit d'un signe précoce du Covid-19 devant conduire à suspecter fortement le diagnostic (comme peut l'être l'anosmie) et conduire à l'isolement du patient. De fait, la SFD se dit rester "prudente", car toute engelure n'est pas obligatoirement un signe de Covid, les engelures étant quand même une dermatose assez fréquente. Elle souhaite confirmer ou non cette association ou lien éventuel, en documentant très précisément ces cas avec le recueil du contexte, de l'histoire de la maladie, des signes cliniques et de leur évolution, avec des photos (éventuellement des biopsies), et en explorant sur le plan virologique les cas atypiques cliniquement, avec notion de contage, signes associés, habituels ou inhabituels. La SFD s'interroge sur le fait que ces signes n'aient pas été observés et décrits chez les patients hospitalisés depuis le début de l'épidémie et il n'existe que quelques rares publications chinoises et italiennes, d'éruptions assez peu spécifiques. D'autre part, ce virus n'est pas réputé dans l'état actuel des connaissances pour son tropisme cutané.



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