EN BREF

Retraites : le combat commence sur le ring de l'Assemblée

L'atmosphère était électrique hier à l'Assemblée. En effet, alors qu'une journée de manifestation interprofessionnelle est prévue le 20 février, les députés ont achevé cette première journée sur les retraites vers 23 h 20 lundi soir, sans même avoir commencé à examiner les 4 000 amendements que compte le volet ordinaire de la réforme.

En ouverture des débats, dans l’après-midi, le tout nouveau ministre de la Santé Olivier Véran a défendu un projet annoncé  de longue date  qui  a la légitimité d’un programme présidentiel . Son discours, précédant celui du secrétaire d’État Laurent Pietraszewski, a vite été interrompu par des cris de l’opposition.  Ne commencez pas, vous aurez des heures, des jours et des nuits pour vous ébrouer dans la démocratie , a lancé Richard Ferrand (LREM) depuis le perchoir.

Quinze jours de débats sont prévus dans l’hémicycle. Cependant, face à un calendrier jugé intenable, le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a proposé un temps programmé de 100 heures sur trois semaines, mais les députés LFI et PCF ont refusé. De leur côté, les responsables de la majorité martèlent qu’un recours au 49-3 - arme de la Constitution qui permet l’adoption sans vote -  n’est pas l’objectif, mais des  marcheurs  ne l’excluent pas si le débat devient  clairement impossible.Le gouvernement espère toujours parvenir à l'adoption en première lecture de la réforme avant les municipales dans un mois et espère un feu vert définitif d’ici l’été. Parie difficile ! Avec autant d’amendements, le président (de l’Assemblée Richard) Ferrand a calculé que ça ferait 365 jours à raison de dix heures par jour. Ce n’est pas très réaliste, même si nous enjambions ou mordions sur la trêve des municipales, nous n’y arriverions pas, a souri lundi soir Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM.

Les trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI - tablent en plus des amendements (près de 37 000 à eux trois) sur une motion de censure à une date qui reste à déterminer. Ils ont aussi tenté en vain lundi une « motion référendaire », qui sert à demander au président de la République un référendum. Elle a été rejetée par 160 voix contre 70.  Le gouvernement refuse de donner la parole au peuple à travers un référendum , dénonce pour sa part le RN Ludovic Pajot, qui y voit un mépris manifeste pour le peuple . Quant à Jean-Luc Mélenchon, il  a promis de tenir  la tranchée  jusqu’à  la victoire  contre  la plus terrible régression sociale de toute la Ve République.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Ouest France.

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