Zoé a 32 ans. Son diplôme d’infirmière en poche, elle a enchaîné les missions de vacation pendant environ une année. Elle est ensuite allée travailler en CDI dans un hôpital à Toulon, puis à Aubagne et enfin à Marseille avant de s’installer en libéral. Aujourd’hui, cela lui arrive encore, de temps en temps, de retourner à l'hôpital ou dans des cliniques privées en tant que vacataire. «Je vois la vacation sous un angle positif. C’est un dispositif qui nécessite de s'adapter à un nouveau service mais qui permet, dans le même temps, de découvrir plusieurs disciplines», confie-t-elle. Et puis, c’est également utile pour se faire une meilleure idée d’un service, de l’ambiance qui y règne, de l’équipe, de la direction et du niveau de rémunération. Si vous constatez que l’ambiance est mauvaise, vous n’y postulez évidemment pas pour un CDI. Finalement, la vacation est un bon moyen de se positionner avant de s’engager. Grâce à la vacation, Zoé s’est par exemple rendu compte, au cours de sa première année post-diplôme, que les Ehpad ne lui correspondaient pas: «J’ai fait de nombreuses missions d’intérim en Ehpad et j’ai été attristée de constater que les dirigeants étaient souvent davantage intéressés par le marketing que par le soin.»
Après l’IFSI, commencer par des vacations?
Il est possible qu’en sortie d’IFSI, on puisse être un peu affolé à l’idée de débuter par des vacations. C’est l’inconnu. On intègre un service dont on ne connaît pas forcément le logiciel de vacations. On ne connaît pas les équipes, on ne sait pas comment on va être accueilli. «Pourtant je trouve cela très enrichissant, pour une première année post-diplôme, de toucher un peu à tout, de pouvoir apprécier ce qui nous plaît le plus et le moins», met en avant Zoé.
Intérim et vacations
Une mission de vacation est rémunérée par l’établissement, tandis qu’une mission d’intérim peut l’être soit par l'établissement, soit par l'agence d'intérim. Dans ce dernier cas, le taux horaire brut est beaucoup plus élevé qu'en vacation. Pour Zoé, l’intérêt de la vacation réside dans le fait que l’on a affaire directement à la personne et à l’établissement qui recrutent. En intérim, c’est en général le premier arrivé qui est le premier servi. Ceci, alors même que le candidat non recruté connaît mieux le service. À noter que, pour se lancer dans l’intérim, il faut avoir travaillé au minimum deux ans après l’obtention du diplôme.
La gestion de l’emploi du temps
« En mode vacation, c'est nous qui gérons notre emploi du temps comme si nous étions en free-lance, mais sans les contraintes de justification à notre cadre de santé des jours travaillés ou non», poursuit Zoé. En général, la vacation repose sur des contrats d’un voire de deux ou trois jours dans le mois. Si l’on revient dans le même établissement le mois suivant, un nouveau contrat est établi.
De son côté, Audrey, 22 ans, diplômée depuis décembre 2024, a commencé directement à faire des missions de vacation à l’issue de son diplôme. Elle a débuté dans des unités de SMR en oncologie pendant six mois, puis a enchaîné en médecine gériatrique. «J’ai un peu diversifié mes missions: j'ai fait de la médecine interne, de la pneumologie, de la chirurgie thoracique, et plus récemment, j’étais en maternité», détaille-t-elle.
Elle a fait le choix de la vacation en raison de la flexibilité d'emploi du temps et du salaire: «Si l’on sait bien gérer son emploi du temps, la vacation peut être plus avantageuse qu’un poste fixe en termes de salaire. Il faut être conscient tout de même que certains mois on va gagner 4000 euros, d’autres mois 1000 euros. Il est donc aussi nécessaire de savoir gérer son argent.» À savoir qu’un vacataire perçoit, en plus de son salaire, des indemnités de fin de mission et que, parfois, les trajets domicile-hôpital lui sont remboursés.
Vacation ou CDI ?
« En tant que vacataire, on va effectuer de nombreux soins, explique Audrey. C’est une bonne manière de se former rapidement d’un point de vue technique. Un infirmier en CDI dans un service ne sera pas forcément meilleur que nous en "technique". En revanche, il sera plus au fait du fonctionnement de son service. Il sera habitué à la prise en charge spécifique de tel patient qui souffre de telle pathologie. Il saura quelle dose de tel médicament sera inhabituelle pour lui. En résumé, il sera plus armé qu’un vacataire arrivant dans son service.»
Des services trop spécialisés pour la vacation
Pour le moment, Audrey a l’intention de continuer les missions de vacation. En revanche, elle précise qu’elle ne signera pas de contrat de vacation en dialyse ou en réanimation: «Ce sont des services qui nécessitent, à mon sens, beaucoup d’expérience et davantage de connaissances sur certains dispositifs. Il faut être solidement formé pour les intégrer. Et puis, les cadres de ces services ne recruteront certainement pas les premiers vacataires ou intérimaires venus, qui seraient mis en difficulté.» Elle ajoute: «Commencer par des vacations peut être un peu "dangereux" parce que l’on arrive dans un service que l'on ne connaît pas, avec un mode de fonctionnement que l'on ne connaît pas, des patients que l'on ne connaît pas. Il est vrai qu’en dernière année d’IFSI, on est censé avoir acquis la capacité à faire des liens pour être rapidement à l’aise dans la prise en charge d’un patient. Malgré cela, il est préférable de commencer dans un service dans lequel on revoit les patients régulièrement, où il y a des transmissions avec les médecins. On apprend davantage sur la prise en charge globale d'un patient dans un service fixe.» C’est la raison pour laquelle Audrey, lorsqu’elle a entamé les missions de vacation, est restée six mois dans le même établissement pour se former à certaines prises en charge et se perfectionner dans certains soins. Elle conclut en confiant que lorsqu’elle ressentira l’envie de se spécialiser dans un domaine, elle optera pour un CDI…
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