COURS IFSI

AFGSU - 2 - Les urgences potentielles ou relatives

Cet article fait partie du dossier:

Formation en ifsi

    Suivant

Deuxième article de cours sur l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence : Les urgences potentielles ou relatives.

Article 1
1. Généralités
2. Principes généraux

Article 2
3. Les urgences potentielles ou relatives


Article 3
4. Les urgences vitales (Obstruction des voies aériennes, Hémorragies, Inconscience)

Article 4
4.4. Arrêt cardio-respiratoire et réanimation cardio-pulmonaire

Article 5

4.5. Arbre décisionnel des urgences
5. Le chariot et le sac d’urgence
6. Spécialisation NRBC
Référence

3. Les urgences potentielles ou relatives

3.1. Le malaise

Sensation pénible traduisant un trouble du fonctionnement de l’organisme, sans que le sujet qui l’éprouve puisse en identifier obligatoirement l’origine. Il peut être fugace ou durable, de survenue brutale ou progressive. Traduction d’une défaillance, temporaire ou durable, d’une partie de l’organisme sans perte de conscience ni d’arrêt cardiorespiratoire initiaux.

Signes de gravité d’un malaise

  • Dires et ressentis de la victime, des témoins
  • Signes cliniques observés
  • Paramètres vitaux (incluant également le dextro et l’hémocue)
  • Antécédents de la personne

Conduite à tenir
Protéger et rassurer

  • Repos et surveillance (paramètres vitaux, signes cliniques)
  • Interrogatoire précis :
    • PQRST : Provoqué par, Qualité de la douleur (caractéristiques), Région (localisation), Sévérité (intensité), Temps (durée)
    • MHTA : Maladie, Hospitalisations, Traitements, Allergies

Malaises et pathologies

  • Accidents vasculaires cérébraux (AVC) : Hémiplégie, dysarthrie, dysphasie, déformation bouche Etc.
  • Infarctus du myocarde (IDM) : Douleur rétrosternale irradiante dans la mâchoire et bras gauche ne cédant pas au repos
  • Epilepsie : Convulsions, perte de conscience …
  • Asthme : Dyspnée, sifflements, tirages, …
  • Hypoglycémie : Faiblesse généralisée, somnolence voire coma
  • Allergies : Dyspnée, apparitions de rougeurs locales, boutons, œdème de Quincke …
  • Collapsus cardiovasculaire (ou état de choc) : Hypotension, tachycardie, …
  • Malaise vagal : Faiblesse généralisée, somnolence
  • Stress
  • Etc …

Synthèse : Même un malaise à priori simple doit être pris au sérieux et amène à approfondir le bilan car il peut masquer une affection grave et/ou entraîner une détresse vitale.

3.2. Les traumatismes

Ensemble de lésions locales provoquées par l’action violente d’un agent extérieur

Les différents traumatismes

  • Traumatismes osseux : Fractures ouvertes ou fermées, luxation, entorse
  • Traumatismes abdominaux : Lésions viscérales masquées ou apparentes
  • Traumatismes cutanés : Contusion, hématome, écorchure (érosion cutanée), coupure, brûlures
  • Traumatismes psychologiques

Les signes de gravité

  • Chaleur, coloration, motricité, sensibilité du membre, perception du pouls en aval
  • Sauf à proximité d'un organe vital ou en cas de fracture ouverte, la rupture d'un os n'est pas dangereuse

Risques

  • Par rapport à l’impotence fonctionnelle, douleur : Etat de choc, malaise, perte de connaissance
  • Par rapport aux possibles lésions provoquées par le déplacement des os fracturés ou d'esquille osseuse : Neurologiques, vasculaires, cutanés (fracture ouverte)

Conduite à tenir

  • Protéger
  • Immobiliser
  • Rassurer
  • Rechercher des signes associés
  • Alerter

3.3. Immobilisation

Toute lésion de l’appareil locomoteur est génératrice de douleurs et peut aggraver l’état d’une victime par la survenue de complications :

  • Locales : Plaie, atteinte des vaisseaux, nerfs et/ou de la moelle épinière
  • Générales : Détresse circulatoire

Une bonne immobilisation permet, avant de déplacer la victime, de réduire la douleur et d’éviter la survenue de complications.

Pose de collier cervical

  • Quand ? Devant toute victime présentant un traumatisme crânien et/ou du rachis et avant toute mobilisation de celle-ci.
  • Comment ?
    • Maintenir la tête et le cou à deux mains en position neutre dans l’alignement du tronc
    • Ne pas remettre en position neutre si résistance, aggravation de la douleur ou sensations anormales des membres supérieurs ou inférieurs
    • Pendant que le soignant maintient correctement la tête de la victime en position neutre, le deuxième soignant ajuste le collier cervical en s’assurant que la taille du collier est adaptée, le maintien effectif et que le collier n’est ni trop ample ni trop serré (attention aux vêtements)
    • Si la victime est sur le ventre, il faudra la retourner en respectant l’axe tête-cou-tronc avant de positionner le collier
    • La pose du collier cervicale n’empêche pas les mouvements de la tête, c’est pourquoi il doit toujours être associé à un maintien manuel
    • Le collier ne pourra être retiré que sur l’indication et en présence du médecin

Pose d’attelle

  • Quand ? Devant toute personne présentant un traumatisme d’un membre supérieur ou inférieur à l’exception de la cuisse ou de la hanche et avant toute mobilisation de celle-ci.
  • Comment ?
    • Différents types d’attelle (Kramer, aluforme, à dépression, Donway …)
    • Maintenir le membre traumatisé (après réalignement si nécessaire) au niveau de l’articulation sus et sous jacente
    • Soulever de quelques centimètres en exerçant une traction douce au niveau de l’extrémité du membre pour le passage de l’attelle
    • Maintenir le membre tant que l’attelle n’est pas correctement positionnée et ajustée pour maintenir au mieux le membre traumatisé et les articulations sus et sous jacente, tout en permettant de voir la lésion et de surveiller les paramètres importants (pouls en aval, sensibilité, motricité du membre)
    • L’attelle de Donway concerne uniquement les fractures de la cuisse et des 2/3 supérieur de la jambe, elle ne peut être posée si atteinte des deux membres inférieurs, de la cheville, du pied, du bassin ou du bas du dos. Elle se pose uniquement en présence d’un médecin.

3.4. Les brûlures

Destruction totale ou partielle de la peau, des tissus ou même des os provoquée par

  • Chaleur (corps, liquide, gaz chaud…)
  • Substances chimiques (caustiques)
  • Électricité (courant électrique)
  • Frottement (chaussures, vêtements…)
  • Radiations (soleil, UV, autres rayons)

Les critères de gravité

  • Superficie (étendue) de la brûlure (en %) --> Règle des 9% de Wallas, paume de la main = 1%
  • Profondeur de la brûlure (3 degrés, cf tableau ci dessous)
  • Localisation des brûlures (cou, visage, à proximité des orifices naturels, mains, articulations …)
  • Agent causal (électricité, produit chimique, rayonnements …)
  • Lésions et traumatismes associés (détresse respiratoire par inhalation de fumées, intoxication, traumatismes ostéo-articulaires Etc.)
  • Terrain (personnes âgées, immunodéprimés, diabétiques, enfants …)

Schéma détaillé

Une brulure sera considérée comme grave

  • Si son étendue est supérieure à 15% de la surface corporelle chez l’adulte, 10% chez la personne âgée, 5% chez l’enfant
  • Quelque soit son étendue chez l’enfant
  • Si l’étendue en troisième degré est supérieure à 3% chez l’adulte
  • Quelque soit son étendue au 3ème degré chez l’enfant

Conséquences

  • Défaillance circulatoire (hypotension artérielle, baisse débit cardiaque) par fuite de liquide du secteur vasculaire liée à l’inflammation, à l’œdème et l’altération de la paroi des capillaires sanguins
  • Défaillance respiratoire par brûlure du visage, inhalation de gaz, vapeur chaude, ou de fumée
  • Douleur liée aux atteintes nerveuses causées par le brulure
  • Hypothermie par destruction cutanée et altération de la thermorégulation
  • Infection par rupture de la protection mécanique de la peau (notamment par le tétanos)

Degrés des brûlures

DegréCaractéristiquesCicatrisation
1er degré Lésion superficielle de l’épiderme
Sans atteinte du derme
Cicatrisation en 3 à 5 jours
Aucune séquelle
2ème degré

Superficiel : Altération très superficielle de la couche granuleuse
Exsudat -> Phlyctène

Cicatrisation en 8 à 15 jours presque sans Séquelle cutanée possible
2ème degré Profond : Altération ++ de la couche granuleuse du derme
Exsudat interstitiel -> Œdème
Cicatrisation > 15 jours (consulter spécialiste) cicatrices indélébiles
3ème degré Altération totale de la couche granuleuse, Pas de douleur ni de sensibilité car totalité des lésions nerveuses détruites, perte adhérence ongles et poils, perte de vascularisation sanguine locale Pas de cicatrisation spontanée
Excision nécrose + greffe
Très grands brulés Nécrose totale et très étendue Pas de cicatrisation possible
Greffes multiples nécessaires

Conduite à tenir

  • Protéger (éloigner du feu,…)
  • Refroidissement par arrosage avec de l’eau froide sans pression dans les premières minutes pendant 5 minutes à 10 minutes.
    • Bref si brûlures étendues notamment chez personne âgée et enfant car risque d’hypothermie
    • Poursuivre l’arrosage jusqu’à avis médical si l’agent causal est chimique pour rincer et disperser le toxique
  • Enlever bagues, bijoux et vêtements sauf s’ils adhèrent aux lésions
  • Couvrir la brûlure par des compresses ou champs stériles, à défaut un drap propre imbibé d’eau froide pour limiter la surinfection
  • En cas de brulure interne par ingestion, ne pas faire vomir ni boire le patient
  • Allonger le patient pour limiter le risque de bas débit cérébral (hypotension artérielle), demi assis si détresse respiratoire
  • Oxygénation au masque haute concentration dès que possible
  • Surveillance des paramètres vitaux (saturation en 0², pouls, pression artérielle, fréquence ventilatoire, température)
  • Protéger le patient du refroidissement (couverture de survie …)
  • Interrogatoire et clinique (Superficie, profondeur, localisation, agent causal, lésion, terrain et ATCD …)
  • Alerter le médecin de garde
  • Selon l’état du patient et sur prescription médicale : Pose d’une voie veineuse, administration d’antalgique …
  • Par le médecin : Intubation du patient si détresse ventilatoire secondaire par lésions d’inhalation de fumées

Si brulure simple

  • Refroidissement
  • Protection par un pansement stérile
  • Vérification de la vaccination antitétanique du patient (doit être inférieure à 10 ans)
  • Surveiller l’évolution de la brulure et consulter un médecin si besoin

3.5. Les plaies

Si la plaie est simple

  • Se désinfecter les mains et se prémunir contre le risque d’AES (accident d’exposition au sang)
  • Désinfecter la plaie avec une solution antiseptique et protéger d’un pansement stérile
  • Vérifier les vaccinations du patient et notamment contre le tétanos qui doit dater de moins de 10 ans (sinon consulter un médecin pour se refaire vacciner et éventuellement recevoir une injection de sérum antitétanique)
  • Surveiller l’évolution de la plaie et consulter le médecin si besoin

Si la plaie est grave

  • Allonger le patient pour éviter le malaise et/ou limiter les conséquences du bas débit cérébral
  • Si présence d’un corps étranger, le laisser dans la plaie pour éviter de majorer les lésions une hémorragie par sa mobilisation ou son retrait.
  • Si hémorragie, voir la procédure décrite dans le chapitre « hémorragies »
  • Si la plaie est localisée au thorax, le patient est installé en position demi assise, éventuellement tourné sur le coté blessé pour favoriser la ventilation et que les viscères ne compressent pas les poumons.
  • Si la plaie est localisée à l’abdomen, le patient est installé en décubitus dorsal, membres surélevés, cuisse fléchies pour soulager le patient
  • Si la plaie est localisée à l’œil, le patient est allongé, la tête calée et on demande au patient de fermer les yeux pour éviter les mouvements qui pourraient aggraver les lésions.
  • Protéger la plaie par des compresses ou champs stériles
  • Oxygénation du patient dès que possible en inhalation au masque haute concentration pour alimenter en oxygène les principaux organes
  • Surveillance des paramètres vitaux (pression artérielle, saturation en oxygène, pouls, fréquente ventilatoire …)
  • Alerter le médecin de garde

Risques

  • Risque vital si hémorragie externe ou si la plaie est localisée à proximité d’organes vitaux ou hémorragiques (plaie cervicale, plaie thoracique ou abdominale) ou sur le trajet de gros vaisseaux (cou, aine, bras ou cuisse)
  • Risque infectieux (notamment par le tétanos)
  • Séquelles fonctionnelles et/ou esthétiques à long terme

3.6. L’accouchement inopiné

Situation exceptionnelle. Appeler le SAMU ou le service d’obstétrique
Conduite à tenir

  • Se laver les mains
  • Installez la femme au calme, dans les meilleures conditions
  • Ne pas donner à boire, ni à manger (si passage au bloc / césarienne).
  • Préparer le matériel nécessaire : Grandes serviettes propres, une paire de ciseaux, un antiseptique, etc.
  • Installez la femme en position gynécologique (plier les genoux et écarter les cuisses).
  • Laisser l'accouchement se dérouler de manière naturelle. Soutenir la tête et accompagner la sortie du bébé. Surtout, ne pas tirer sur la tête, ni sur le cordon ombilical.
  • Si enroulement du cordon ombilical autour de la tête du bébé, essayer de le faire glisser délicatement par-dessus la tête
  • Placer le bébé sur le ventre de la maman, couvrir.
  • Clamper (ne pas couper) car risque de phénomène de « vase communicant » entre mère et enfant
  • Surveiller la respiration du bébé (régulière et non gênée).

3.7. Relevage & brancardage

Relevage : Opération qui consiste à mettre une victime sur un brancard pour permettre son transport

Objectif : Ne pas aggraver l'état de la victime. Le relevage ne se fait donc que lorsque la victime est transportable.

Techniques

  • Préparer tout le matériel avant de commencer la manœuvre.
  • Prioriser l’apprentissage de la technique du « pont simple »
  • S’assurer du personnel suffisant

Les techniques

Creative Commons License

Rédacteur infirmiers.commickael.perchoc@infirmiers.com

Retour au sommaire du dossier Formation en ifsi

Publicité

Commentaires (0)