ENQUÊTE

La formation infirmière trouve bien sa place à l'université

Publié le 04/06/2026

Dans une enquête, la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (FNESI) note l'intérêt des expérimentations mises en place par certaines universités pour intégrer la formation infirmière dans leur structure, mais identifie plusieurs failles qui pèsent encore sur le processus.

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Les expérimentations portant sur la création d’un cursus en «sciences infirmières» menées par certaines universités peuvent constituer un socle solide pour accélérer le processus de la formation infirmière. À condition que les établissements disposent des moyens nécessaires. Tels sont les enseignements que tire la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (FNESI) d’une enquête réalisée auprès de ces structures. C’est le cas notamment des universités de Rennes, qui a ouvert une Licence mention «Sciences pour la santé, parcours soins infirmiers» en double diplomation, qui permet d’obtenir le diplôme d’infirmier, d’ergothérapeute, de masseur-kinésithérapeute ou de pédicure-podologue, de Paris ou de Rouen, qui ont créé chacune une Licence mention «Sciences pour la santé». Ces dispositifs, engagés depuis 2021, avaient pour objectifs de «développer les doubles diplômes, de faciliter les passerelles entre formations en santé, et de renforcer l’enseignement par la recherche et à la recherche», décrit ainsi la Fédération.

Ils ont surtout convaincu les étudiants qui les ont suivis de leur intérêt : 78,3% des étudiants interrogés saluent ainsi la place privilégiée accordée à la recherche dans ces cursus. «Les établissements engagés dans les expérimentations apparaissent également mieux préparés à la mise en œuvre de la réforme» de la formation infirmière. Ce qui n’empêche pas les bémols majeurs qui pèsent sur cette réussite. 

Des manques de coordination et de moyens identifiés

À commencer par les difficultés rencontrées par les étudiants infirmiers à pouvoir échanger avec leurs enseignants universitaires. Ils sont en effet la moitié à le déplorer. «Ce constat témoigne d’un manque de coordination entre les universités et les IFSI», observe la FNESI, qui réclame le déploiement dans chaque université de départements en sciences infirmières. Ce problème de gouvernance est connu. En décembre 2025, alors que le Haut conseil des professions paramédicales (HCPP) se prononçait favorablement sur les projets de décret et d’arrêté cadrant le nouveau référentiel de formation, le Comité d’entente des écoles d’infirmières et des écoles de cadres (CEFIEC) révélait dans une cartographie un état très variable d’avancement du processus d’intégration universitaire. Il pointait notamment une forte hétérogénéité dans les modalités de pilotage conjoint de la formation par les IFSI et les universités

Et puis, il y a les moyens humains, qui font défaut. «61,1% des répondants considèrent que les moyens humains alloués aux expérimentations sont insuffisants», poursuit la FNESI. Enseignants-chercheurs en sciences infirmières mais aussi personnels administratifs dédiés manquent encore. Or sans eux, impossible de structurer de manière pertinente la formation et de mener à bien le processus d’intégration universitaire.

Formalisée depuis 2009 et enclenchée depuis 2019, l’universitarisation de la formation infirmière, qui doit permettre entre autres de favoriser l’enseignement de la recherche et la poursuite des études en grade Master, voire en Doctorat, peine à se concrétiser. Fin février, la publication de l’arrêté actant définitivement la réforme de la formation infirmière, sa modernisation et sa plus grande adéquation avec le terrain, pourrait toutefois permettre d’accélérer - et d’achever, enfin - le processus.

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com