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Infections nosocomiales : le mésusage des gants pointé du doigt

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Hygiène hospitalière

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Les gants ne sont pas retirés lorsqu'ils le devraient dans 20% des cas, selon une enquête menée auprès de 62 établissements de soins français et présentée le 16 novembre 2014 lors de la 9ème conférence internationale de la Healthcare Infection Society qui s'est déroulée à Lyon jusqu'au 18 novembre.

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Le retrait des gants est omis dans 20 % des cas.

Le port des gants prévient le risque infectieux des soignants exposés aux fluides corporels et au sang, mais un usage excessif augmente le risque de transmission d'infections entre patients, rappellent Nathalie van dee Mee-Marquet du CHU de Tours et ses collègues dans le résumé de leur présentation. Ils ont évalué l'importance du mésusage des gants et le niveau de contamination des doigts des gants et des surfaces touchées pour les soignants au cours d'une enquête menée en mars auprès de 62 établissements de soins. Leur étude a porté sur 1 727 utilisations de gants. Les soignants les avaient mis au cours de 80 % des 1 130 procédures les exposant aux fluides corporels et au sang. Le fait de ne pas les revêtir alors qu'ils auraient dû l'être était significativement associé à des procédures à haut risque de contamination infectieuse, à des procédures de plus de six minutes, au sexe masculin et enfin à un âge avancé. Le retrait des gants étaient omis dans 20 % des cas. Les soignants les plus âgés étaient les plus susceptibles d'oublier à tort de retirer leurs gants. Par ailleurs, les gants étaient portés à tort pour un quart des 597 procédures qui n'en requéraient pas.

Des bactéries pathogènes, principalement Escherichia coli, des entérocoques, Pseudomonas aeruginosa et Staphylococcus aureus étaient identifiés sur 44 % des doigts des gants et 19 % des surfaces touchées avec les gants. La contamination variait de 18 % après un contact avec un épiderme intègre à 63 % pour les muqueuses. Les bactéries retrouvées sur les doigts des gants et sur les surfaces étaient similaires. Les investigateurs ont repéré 11 bactéries multi-résistantes, toutes associées à un contact avec une muqueuse. L'usage abusif des gants après la toilette des patients était la principale situation induisant un mésusage des gants. Une amélioration rapide de cette situation est nécessaire afin d'éviter la diffusion d'entérobactéries productrices de bêta-lactamases et de carbapénèmases.

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