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Ebola : 11 000 tenues de protection pour les soignants

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Epidémiologie

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L'Etablissement de préparation aux urgences sanitaires (Eprus) a acheté "plus de 11 000" tenues de protection destinées aux personnels soignants amenés à prendre en charge des patients infectés par le virus Ebola en France, a indiqué le 6 novembre 2014 le directeur général de l'organisme, Marc Meunier, lors du point presse hebdomadaire sur Ebola au ministère de la santé.

Crédit photo : reportage BFMTV - Ebola : l'Eprus a acheté 11 000 tenues pour les soignants en France

Pour le moment, environ 2 300 tenues de protection ont été réparties dans les 12 établissements de référence susceptibles de prendre en charge les patients Ebola et dans la centaine d'établissements sièges de Samu-Smur, a-t-il précisé. Les 9 000 autres sont stockées. L'Eprus a également acquis deux caissons destinés à transporter des malades sur de longues distances, en avion, hélicoptère ou ambulance, ainsi que 22 housses de transport, un matériel semi-rigide plus léger qu'un caisson et destiné plutôt au transport de patients sur de courtes distances ; il y en a notamment un par établissement de référence. De plus, 25 réservistes sanitaires ont été formés pour intervenir en cas de besoin pour l'utilisation de ces matériels. Et 30 réservistes sanitaires ont été formés pour venir en appui aux établissements de santé, dans le cas où ceux-ci auraient besoin de renfort pour prendre en charge des malades. Ce dispositif est proportionné à la menace susceptible de survenir en France, a commenté Marc Meunier.

A l'heure actuelle, seules deux personnes porteuses du virus Ebola ont été hospitalisées en France, à l'hôpital militaire Bégin à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Il s'agit de soignants qui ont été infectés en Afrique, dont l'une est déjà tirée d'affaire et l'autre est hospitalisé depuis son rapatriement le 1er novembre 2014, rappelle-t-on. Les 18 cas qualifiés de "possibles" qui avaient été signalés sur le territoire français ont tous été exclus, a rappelé le directeur général de la santé (DGS), Benoit Vallet.

Douze réservistes partis le 1er novembre 2014

Marc Meunier a rappelé que douze réservistes de l'Eprus sont partis le 1er novembre 2014 en Guinée : cinq médecins, quatre infirmières, un psychologue, un pharmacien-hygiéniste et un ingénieur du génie sanitaire. Ces volontaires ont été formés en France durant dix jours. Sur place, ils vont d'abord continuer leur formation pratique en prenant en charge des patients dans deux centres de Médecins sans frontières (MSF). Puis ils travailleront dans le centre qui est actuellement en cours de construction par la France à Macenta en Guinée forestière, qui devrait ouvrir entre le 15 et le 20 novembre. Ces volontaires resteront quatre semaines sur Macenta avant de revenir en France. Cette durée est la même que ce que pratique MSF, a-t-il précisé. Et nous pensons déjà à la relève, par une équipe de taille similaire, a indiqué le patron de l'Eprus. Il ne s'est pas montré inquiet sur le fait de trouver les volontaires adéquats, indiquant que sur 1 700 réservistes, 200 personnes avaient répondu au premier appel pour trouver des volontaires et 300 au deuxième. Tous n'ont pas le profil, a-t-il toutefois noté, mais on trouvera sans difficulté. Il faudra néanmoins envoyer des équipes à Macenta durant six à neuf mois, selon Marc Meunier. Mais "si besoin, nous pourrons avoir un coup de main d'autres organismes: Samu, Fédération Hospitalière de France (FHF), le GIP Esther...", avec qui l'Eprus a déjà des contacts.

En guinée, sensibiliser la population

Lors de ce point presse était présent Antoine Perrin, qui revient d'une mission de huit semaines en Guinée. Il s'agissait d'une mission de découverte et d'écoute, mais aussi de préparation de la création du centre à Macenta. Il a également participé à la mise en place d'un centre de transit des patients à Forécariah en Guinée maritime. Antoine Perrin a expliqué qu'il avait dû beaucoup travailler à l'acceptabilité du centre de Macenta. En effet, Ebola est perçu comme une maladie amenée par le blancs et il y a d'abord un important travail de sensibilisation à faire auprès de la population. Cela n'a pu se faire que grâce à l'appui local du préfet, des chefs coutumiers, des chefs religieux... La parole d'un occidental n'a pas de valeur si elle n'est pas validée, accréditée par un responsable local. Cela a payé puisqu'in fine l'implantation du site à Macenta a été acceptée par la population, sans opposition, alors que dans d'autres lieux, il y a eu des manifestations d'hostilité à l'installation de centres de soins. C'est par la sensibilisation que la bataille sera gagnée, a estimé Antoine Perrin. Plus la population aura pris conscience du mode de propagation du virus, moins il y aura de cas contacts, plus les contacts seront bien suivis, plus les enterrements [situations à risque pour la propagation du virus, NDLR] seront securisés […] On voit des gains dans les zones où la sensibilisation a été bien faite, notamment en termes de rapidité d'acheminement des malades dans les centres. Or, plus les patients sont rapidement pris en charge, plus ils ont de chances de guérir.

Antoine Perrin a par ailleurs déploré certaines réactions observées dans les pays occidentaux face au risque d'importation du virus Ebola, qui ont été dans certains cas disproportionnées. Les Guinéens ont mal compris et mal vécu les réactions de crainte, de repli de la population occidentale, alors que sur place, on vit normalement. Certes il y a une grande prudence: on se lave les mains fréquemment au chlore, on prend la température de toute personne entrant dans un établissement, on ne se sert pas la main... Mais on vit dans la prudence, pas dans l'inquiétude. Il ne faut pas sous-évaluer le risque, mais pas le combattre là où il n'est pas.

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