Un premier chiffre d’abord, celui du nombre de décès en 2024 de personnes domiciliées en France : 641 046, soit 4 000 de plus qu’en 2023. Une augmentation qui ne se traduit toutefois pas par une hausse du taux de mortalité standardisé, qui tient compte du vieillissement de la population, qui passe 828,3 décès pour 100 000 habitants à 777,9 pour 100 000 habitants et demeure inférieur à celui de 2019. Pour autant, «la mortalité en France reste supérieure à celle que l’on attendait si la tendance à la baisse observée avant la pandémie de Covid-19 s’était prolongée jusqu’en 2024», observe Santé publique France dans son Bulletin épidémiologique, réalisé conjointement avec la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et l’Inserm.
Dans le détail, les cancers demeurent la première cause de décès en 2024, aussi bien chez les hommes que chez les femmes ; c’était déjà le cas en 2023, où les tumeurs arrivaient devant les maladies cardio-neurovasculaires. Elles comptent ainsi pour 27,1% des décès, et concernent en moyenne des personnes plus jeunes que les autres causes de décès. Si, dans l’absolu, la mortalité par tumeur diminue globalement, la hausse tendancielle qui s’observait déjà les années précédentes pour certains d’entre eux, soit les cancers du pancréas, du poumon, des bronches et de la trachée, se poursuit ; ils représentent à eux seuls 18,1% des décès par cancer.
Les maladies cardio-neurovasculaires, comme l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral, arrivent en seconde place. Elles ont causé plus d’un cinquième des décès (21,2%, soit 136 081 décès), et représentent la première cause de décès chez les plus de 85 ans. «En 2025, selon une estimation encore provisoire, les taux de mortalité des tumeurs et des maladies cardio-neurovasculaires seraient en légère baisse», constate Santé publique France, qui note toutefois que le nombre de décès dus à ces maladies devraient, eux, rester stables.
Le poids de la grippe et des pneumonies
Parmi les autres causes de décès, les maladies de l’appareil respiratoire hors Covid ont eu une incidence plus élevée par rapport à 2023 (8,2%, soit 52 667 morts). En cause notamment, la hausse des grippes et des pneumonies. Les décès pour causes externes, au nombre de 46 583, ont pour un tiers concerné des personnes de moins de 65 ans, et 38,5% des plus de 85 ans, particulièrement touchés par les chutes accidentelles. Dans une précédente enquête, Santé publique France avait compté près de 20 000 décès dus à cette cause en 2024. Enfin, 4,8% des décès ont une cause inconnue, et 16,5% présentent une cause initiale insuffisamment précise : arrêts respiratoires, sénilité, insuffisances cardiaques, septicémies... «En tenant compte des différences de la mortalité par âge, ce sont les causes initiales des femmes et les causes des décès survenant à domicile qui sont les plus souvent imprécises. »
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