CHEZ LA PERSONNE ÂGÉE

Chutes : Plus de 20 000 décès recensés en 2024 chez les personnes âgées

Publié le 13/03/2026

Les décès liés aux chutes chez les personnes âgées ont nettement augmenté en France entre 2019 et 2024, une tendance plus marquée que prévu, selon un bilan de Santé publique France. 

Brancardage d'une personne âgée après une chute, service des urgences d'une clinique.

Crédit photo : BURGER / PHANIE

Hospitalisations et décès en lien avec une chute ont augmenté entre 2019 et 2024, constate Santé publique France dans un bilan publié jeudi 12 mars 2026, issu de sa surveillance épidémiologique de ces événements chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Celle-ci est réalisée dans le cadre du plan antichute, lancé en 2022 par le gouvernement et qui avait pour objectif de réduire de 20 % à l’horizon 2024 le nombre des chutes mortelles ou entraînant une hospitalisation chez les personnes âgées de 65 ans et plus (voir encadré).

174 824 séjours hospitaliers en lien avec une chute, dont 120 084 concernant des femmes, ont ainsi été recensés en 2024, contre 135 182 en 2019. Quant aux décès, ils sont passés de 15 952 à 20 148. Cette augmentation touche particulièrement les plus âgés, soit les personnes de 85 ans et plus, pour lesquels le taux de mortalité est 29 fois plus élevé que pour les 65-74 ans. Parallèlement, Santé publique France note des disparités entre hommes et femmes. Si les hospitalisations sont plus fréquentes chez ces dernières, la mortalité, elle, est plus importante chez les premiers. «L’augmentation des taux de mortalité entre 2020 et 2024 est plus importante que ce qui était attendu d’après les projections de la tendance 2015-2019, particulièrement pour les âges les plus avancés», écrit l’Agence sanitaire. Et alors que la mortalité, toutes causes confondues est plus faible en 2024 qu’en 2019, celle en lien avec les chutes montre a contrario une augmentation constante sur l’ensemble de la période.

Plusieurs facteurs d'augmentation avancés

Pour expliquer cette hausse, elle avance plusieurs hypothèses. «Cette évolution pourrait refléter un changement des conditions de mortalité, changement qui semble s’inscrire durablement en France, ou une amélioration du remplissage par les médecins, des motifs de décès en lien avec une chute dans les certificats de décès», cette dernière explication résultant d’une probable sensibilisation plus importante des professionnels de santé, dans le cadre du plan antichute.

Mais il faut aussi prendre en compte la part jouée par l’augmentation de l’inactivité physique et de la sédentarité qui, en faisant fondre la masse et la force musculaire, entraîne un risque accru. Selon une de ses précédentes enquêtes sur l’activité physique et la sédentarité de la population en France comme déterminants de santé, publiée en septembre 2024, la proportion de femmes a diminué entre 2006 et 2016, de -16% : 53% d’entre elles seulement atteignaient les recommandations d’activité physique. «La pandémie de COVID-19 a possiblement contribué à aggraver cette tendance soit directement en augmentant la fragilité des plus âgés infectés par le SARS-CoV-2, soit indirectement en augmentant encore davantage l’inactivité physique et la sédentarité du fait des mesures de distanciation sociale», ajoute l’Agence.

Un coût de 2 milliards d'euros estimé

Le phénomène des chutes représente un véritable enjeu de santé publique. Car ses conséquences, tant financières que sur la qualité de vie des personnes, sont lourdes. Le coût de leur prise en charge s’élève à 2 milliards d’euros par an, dont 1,5 milliard d’euros rien que pour l’Assurance maladie, rappelait le gouvernement en 2022 dans son plan antichute. Et elles ont un impact négatif sur l’autonomie des personnes et sur leur qualité de vie. «En France, selon l’édition 2024 du Baromètre de Santé publique France, près de 20 % des personnes âgées de 50 à 79 ans déclarent avoir chuté au moins une fois dans l’année précédant l’enquête. Les chutes représentent la première cause de décès accidentel après 65 ans et la principale cause d’hospitalisation pour traumatisme (environ 100 000 hospitalisations par an», poursuit Santé publique France. Or, selon l’INSEE, les plus de 65 ans devraient représenter 26% de la population française, soit 18,3 millions de personnes, en 2040.

Le Plan national antichute
Le Plan national antichute des personnes âgées a été lancé en 2022 par le ministère en charge des Solidarités, pour une durée de trois ans. Il s’articule autour de 5 axes thématiques :

  • Savoir repérer les risques de chute et alerter, avec la diffusion auprès de tous les acteurs de l’autonomie des deux portraits-types de chuteurs, reflet de 80 % des chutes, ainsi que des cinq signes «avant-chuteurs» ;
  • Aménager son logement et sortir en toute sécurité, avec notamment l’intervention d’équipes mobiles dédiées au repérage des risques du logement pour identifier les risques ;
  • Des aides techniques à la mobilité faites pour tous, comme la mise en place de modules spécifiques de rééducation post-hospitalisation ;
  • Le renforcement de l’activité physique, «meilleure arme antichute», avec entre autres le développement de l’activité physique adaptée (APA) ;
  • La téléassistance pour tous comme outil de prévention des chutes graves.

Accéder au bilan "Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus en France. Données 2014-2025"

    La Rédaction d'Infirmiers.com

    Source : infirmiers.com