Fin juin, le gouvernement avait annoncé débloquer une enveloppe de 100 millions d'euros pour financer des solutions de «rafraichissement» pour les hôpitaux, estimant qu'ils pourraient ainsi s'équiper de 30 000 climatiseurs mobiles. Jeudi 9 juillet après-midi, lors d'une réunion en visioconférence avec les cinq syndicats représentatifs des personnels hospitaliers, la ministre de la Santé Stéphanie Rist «a dit qu'au moins 6 000 appareils ont été livrés, ou arriveront d'ici la fin du week-end», a rapporté Barbara Filhol, secrétaire générale de la CGT-Santé, une information confirmée ensuite par Didier Birig, secrétaire général de FO-Santé Sociaux.
«On est quand même loin des 30 000», a commenté M. Filhol et surtout, «on ne sait pas où c'est arrivé, combien ça a coûté», ni «comment les établissements se feront rembourser», a-t-elle dit, déplorant le manque d'anticipation d'un gouvernement qui «s'y prend le 24 juin», en pleine crise.
Absence de détails pratiques
Mme Rist a par ailleurs annoncé aux syndicats, toujours «sans détails pratiques», «qu'ils mettraient éventuellement en place dans les départements en vigilance rouge canicule un mécanisme pour réserver des nuitées d'hôtel en chambres climatisées, pour que les personnels soignants puissent se reposer», a poursuivi Mme Filhol. Qui, combien en bénéficieront ? «Pas de réponse», a-t-elle ajouté.
«Soi-disant, ils ont passé des accords avec de grandes chaînes hôtelières (...). Dans la pratique, ce n'est pas organisable ! Dans un CHU où il y a 8 000 ou 12 000 agents, imaginons que 200 ou 300 demandent une chambre, comment vont-ils trouver 300 chambres climatisées ?», a réagi Didier Birig, voyant dans ces annonces «de la pure com».
Les deux syndicats se sont dits «inquiets» et «en colère». Certaines directions «disent aux personnels qu'ils n'ont pas les moyens de leur acheter des t-shirts», dans d'autres, «les installations sont tellement vétustes qu'il y a des coupures d'électricité», un autre a remercié ses agents après la canicule de juin «avec des glaces», et selon Les Echos, «certains hôpitaux ont plus d'un an de retard pour payer leurs fournisseurs», a déploré Mme Filhol. Et, ajoute M. Birig, «quand on demande des autorisations d'absence pour les personnels malades chroniques, les salariées enceintes, (...) des augmentations de salaires ou primes», c'est «toujours non».
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