Une délibération adoptée le 8 décembre par l’Assemblée de Polynésie française acte le reclassement de l’ensemble des infirmiers de la fonction publique en catégorie A, à partir du 1er janvier 2026. Cette décision marque l’aboutissement d’un long processus de revendications et de négociations, engagé depuis plus de 15 ans, et aligne enfin le territoire sur les standards de reconnaissance du niveau de qualification et des responsabilités assumées par ces professionnels de santé.
Un retard sur les infirmiers spécialisés
Jusqu’à présent, seuls les infirmiers spécialisés (infirmiers anesthésistes, de bloc opératoire et puériculteurs) avaient bénéficié d’un passage en catégorie A. Les infirmiers diplômés d’État exerçant en soins généraux demeuraient en catégorie B malgré l’évolution profonde de leur formation et de leurs missions. En métropole, la réforme LMD (licence-master-doctorat) avait pourtant permis dès 2010 un reclassement généralisé en catégorie A, une avancée qui n’avait pas été transposée dans le contexte polynésien.
Un millier de professionnels concerné
La réforme désormais actée concerne près d’un millier de professionnels avec 859 infirmiers diplômés d’État, 21 infirmiers de bloc opératoire, 42 infirmiers anesthésistes et 31 puériculteurs. Pour les autorités, il s’agit non seulement de corriger une inégalité statutaire persistante, mais aussi de répondre à des difficultés structurelles de recrutement et de fidélisation dans les établissements de santé, en particulier au Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF) et dans les hôpitaux périphériques.
Au-delà d’un reclassement symbolique
Avec la réforme, les grades de classe normale et de classe supérieure disparaissent, tout comme les quotas d’avancement. Cette simplification vise à offrir davantage de lisibilité et d’équité dans les parcours professionnels. Les nouvelles grilles indiciaires prennent également en compte le niveau de formation des différents métiers infirmiers : bac+3 pour les infirmiers, bac+4 pour les puériculteurs et bac+5 pour les infirmiers anesthésistes et de bloc opératoire. Une reconnaissance financière jugée indispensable, d’autant que le reclassement partiel opéré en 2010 n’avait pas été accompagné d’une revalorisation des indices, malgré l’évolution notable des compétences et des responsabilités. Le coût annuel de cette mesure est estimé à environ 2,7 millions d’euros, un investissement que le gouvernement polynésien assume comme nécessaire pour une rémunération plus juste.
Une plus grande liberté d’exercice
La réforme permet une plus grande flexibilité dans l’organisation du travail. En effet, elle offre la possibilité pour les infirmiers d’exercer sur plusieurs sites, qu’il s’agisse du CHPF, des services de la Direction de la santé, de l’Agence de régulation de l’action sanitaire et sociale, ou encore de structures médico-sociales comme l’établissement public Fare Tama Hau (Maison de l’enfant et de l’adolescent). Cette ouverture inclut également certains établissements privés à but non lucratif participant au service public hospitalier.
Pour les autorités, cette évolution statutaire s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de la fonction publique polynésienne, avec en ligne de mire la création, à l’horizon 2026, d’une véritable fonction publique de santé et la mise en place statutaire des établissements publics de santé.
Pour en savoir plus : https://www.assemblee.pf/travaux/seance
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