STATISTIQUES

L’espérance de vie en bonne santé a gagné 2 ans en moins de 20 ans

Publié le 23/01/2026

Selon la dernière étude publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) : on vit plus longtemps en bonne santé en France depuis 2008.

main, personne âgée, canne

La Drees publie chaque année son analyse des espérances de vie sans incapacité, un indicateur central pour mesurer non seulement la durée de vie, mais aussi la qualité des années vécues. Cet indicateur correspond au nombre d’années qu’une personne peut espérer vivre sans être limitée dans les activités de la vie quotidienne par un problème de santé. Conçu au début des années 2000, il repose sur une enquête harmonisée à l’échelle européenne, permettant des comparaisons entre les pays de l’Union européenne.

Une progression marquée entre 2008 et 2019

À 65 ans, l’espérance de vie sans incapacité s’est accrue de manière significative depuis 2008. En 2024, les femmes peuvent espérer vivre 11,8 ans sans incapacité et les hommes 10,5 ans, soit une hausse de 1 an et 9 mois pour les deux sexes sur l’ensemble de la période. Cette amélioration traduit une évolution favorable de l’état de santé des seniors et une meilleure prise en charge des limitations fonctionnelles.

L’essentiel des évolutions a été enregistré entre 2008 et 2019. Depuis cette date, l’indicateur n’a progressé que de 4 mois pour les femmes et d’un seul mois pour les hommes. Malgré ce ralentissement, l’espérance de vie sans incapacité augmente plus rapidement que l’espérance de vie totale au même âge. Ainsi, la part des années vécues sans incapacité parmi celles restant à vivre à 65 ans est en hausse. Entre 2008 et 2024, elle est passée de 45 % à 50 % pour les femmes et de 48 % à 53 % pour les hommes, signe que la longévité s’accompagne, au moins en partie, d’une meilleure qualité de vie.

Des écarts femmes-hommes réduits en matière de vie sans incapacité

Les femmes continuent de vivre plus longtemps que les hommes, mais cet avantage est beaucoup moins marqué lorsqu’on s’intéresse aux années vécues sans incapacité. En 2024, à la naissance, les femmes peuvent espérer vivre 64,1 ans sans incapacité, contre 63,7 ans pour les hommes. L’écart n’est donc que de 5 mois, alors que l’espérance de vie totale à la naissance des femmes dépasse celle des hommes de 5 ans et 7 mois.

L’évolution depuis 2008 met également en évidence des trajectoires contrastées. L’espérance de vie sans incapacité à la naissance a reculé de 5 mois pour les femmes, tandis qu’elle a progressé de 12 mois pour les hommes. Ces tendances contribuent à réduire encore les différences entre les sexes en matière de durée de vie en bonne santé, même si les femmes restent plus nombreuses à vivre plus longtemps avec des limitations.

La France bien placée en Europe surtout après 65 ans

À l’échelle européenne, la France se distingue en particulier chez les seniors. En 2023, elle se classait au 3ᵉ rang de l’Union européenne à 27 pour l’espérance de vie sans incapacité des femmes à 65 ans, avec un niveau supérieur de 2 ans et 5 mois à la moyenne européenne. Pour les hommes, la France occupait la 7ᵉ place, également au-dessus de la moyenne, avec un écart de 1 an et 4 mois.

La situation est un peu moins favorable lorsque l’on considère l’espérance de vie sans incapacité à la naissance. La France reste au-dessus de la moyenne européenne, avec un avantage de 10 mois pour les femmes et de 8 mois pour les hommes, mais elle se situe respectivement aux 9ᵉ et 11ᵉ rangs de l’UE-27.

Source : DREES

 

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com