MALADIES INFECTIEUSES

À Mayotte, la résurgence des cas autochtones de paludisme inquiète

Publié le 06/07/2026

Pour la deuxième année consécutive, des cas de paludisme autochtones ont été recensés sur le territoire de Mayotte. S'ils ne représentent qu'une minorité des plus de 200 cas comptabilisés depuis le début 2026, ils rappellent l'importance de renforcer la surveillance de la maladie et notamment de son vecteur, le moustique anophèle, sur l'ensemble de la région.

Moustique sur une feuille

Depuis le début de l’année 2026, l’île de Mayotte a recensé 244 cas de paludisme dont plusieurs, pour la deuxième année consécutive, sont autochtones. Soit «un niveau inédit» depuis 2010, alerte Santé publique France dans son bulletin épidémiologique, année qui a marqué la fin de l’endémisme de la maladie sur le territoire. L’Agence sanitaire recense ainsi 25 cas apparus localement, qui se concentrent presque exclusivement sur les trois communes de Chirongui, Bandrélé et Dembéni. «Cette répartition met en évidence la persistance d’une transmission locale du paludisme», observe-t-elle. En 2025, elle en avait décompté douze, dont une dizaine rien que sur le mois de juillet.  

Concernant les cas restants, 161 sont importés, essentiellement des Comores (95,6%), où «le paludisme demeure endémique et fortement prévalent» et pèse lourdement sur le système de santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas y dépasse ainsi les 20 000 depuis 2022. Les flux réguliers de population entre Mayotte et ces territoires où la maladie circule, «combinés à la présence de vecteurs compétents sur le territoire, créent les conditions favorables à la réintroduction et à la diffusion locale du parasite.» 

Enfin, parmi les cas restants, 12 sont indéterminés et 46 sont en cours d’investigation. 71 cas ont nécessité une hospitalisation, dont quatre en réanimation, mais aucun décès n’est à déplorer. Quant aux profils des patients, «les classes d'âge des 15 – 24 ans et des 25 – 44 ans étaient les plus représentées, avec 66 cas chacun.»  

Un territoire qui demeure très exposé

«L'apparition des premiers cas acquis localement en 2025 et en 2026 souligne que le risque de réintroduction du paludisme demeure permanent à Mayotte en raison de l'importation régulière de cas infectieux et de la présence de vecteurs compétents.» Leur réapparition rappelle également «la fragilité des acquis obtenus en matière de contrôle du paludisme à Mayotte», poursuit-elle. «Elles soulignent l'importance d'une approche régionale coordonnée, associant renforcement de la surveillance épidémiologique, maintien d'une lutte antivectorielle intensive et coopération avec les pays voisins», prévient Santé publique France. 

Le paludisme se diffuse par le parasite Plasmodium falciparum, transmis par le moustique anophèle. À la différence du moustique tigre, qui colonise les zones urbaines, celui-ci se trouve plutôt en zone rurale, ce qui complique d’autant plus sa surveillance et son élimination. Parfois mortelle, la maladie se traduit par une fièvre irrégulière, des troubles digestifs, des maux de tête, des douleurs musculaires, puis des accès de fièvre avec frissons et sueurs.

Accéder au bulletin épidémiologique de Santé publique France

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com