Il s’agit d’une autosaisine par la Haute Autorité de santé (HAS), dont l’objectif est de «réévaluer la stratégie vaccinale contre les infections à pneumocoque pour l’ensemble de la population». Dans un communiqué daté du 30 juillet, l’Agence sanitaire redéfinit la stratégie de lutte contre les infections à pneumocoques, avec l’ajout de deux nouveaux vaccins : les vaccins PREVENAR 20 (VPC20) et CAPVAXIVE (VPC21), ceux-ci couvrant un plus grand nombre de sérotypes.
Le premier est ainsi recommandé pour les nourrissons, y compris prématurés, via un schéma vaccinal de doses administrées à 2, 4 et 6 mois. Elles sont suivies d’un rappel à 11 mois. Le vaccin doit également être utilisé pour les enfants à risque d’infection à pneumocoque, soit enfants immunodéprimés, drépanocytaires, aspléniques, et porteurs de certaines maladies chronique à risque. «Cette stratégie remplace les vaccins actuellement utilisés (VPC13, VPC15 et, pour certaines populations, VPP23», précise la HAS. Le vaccin VPC20 assure en effet une protection contre 41% des cas d’infection chez ces populations, contre 18% pour ceux recommandés jusqu’à présent. Concernant les nourrissons pour lesquels a été initiée une vaccination avec les vaccins VPC13 ou VPC15, elle préconise d’ailleurs de poursuivre le schéma vaccinal en utilisant le VPC20.
Le vaccin VPC21, lui, est recommandé chez les adultes de plus de 65 ans et chez ceux exposés à un risque accru d’infection. Il est administré par dose unique, et assure une protection contre 84%. Là encore, il est à privilégier par rapport au VPC20, même si aucun rattrapage n’est recommandé à ce stade pour les adultes qui auraient été vaccinés avec ce dernier. «Les vaccins VPC20 et VPC21 peuvent être administrés concomitamment avec les autres vaccinations recommandées selon le calendrier vaccinal», ajoute-t-elle.
Les pneumocoques responsables de 15 à 30% des cas de pneumonies
La lutte contre les infections à pneumocoques, qui peuvent provoquer méningites et bactériémies, est un enjeu essentiel de santé publique, en particulier chez les publics fragiles comme les très jeunes enfants et les personnes âgées. En France, le nombre de cas est en effet en constante progression depuis 2015. Le pneumocoque est ainsi «la première cause bactérienne de pneumonie aiguë communautaire», pour laquelle il représente 15 à 30% des cas, rappelle la HAS. «Responsable d’au moins 60 000 cas chaque année, cette infection touche principalement les jeunes enfants et les personnes âgées de 65 ans et plus, et est associée à un risque important d’hospitalisation.» Et selon une modélisation de l’Institut Pasteur, l’absence d’évolution de la stratégie vaccinale pourrait mener dans les cinq prochaines années à 17 000 hospitalisations et 2 800 décès dus à ces infections invasives.
La vaccination contre le pneumocoque est devenue obligatoire depuis le 1er janvier 2018 pour tous les nourrissons nés à partir de cette date. Quant aux plus de 65 ans, la HAS avisait en janvier 2025 de les inclure dans les recommandations vaccinales.
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