Les feux qui ont ravagé plusieurs dizaines de milliers d’hectares en Nouvelle-Aquitaine à partir du 22 juillet ont eu des impacts sanitaires, mais ceux-ci demeurent a priori limités. Telle est la conclusion que livre Santé publique France dans son bulletin du 29 juillet 2026. En s’appuyant notamment sur les données des services d’urgence des hôpitaux proches des incendies centre hospitalier d’Arcachon, clinique d’Arès, centres hospitaliers de Bordeaux Métropole pour la Gironde, centres hospitaliers de Dax et de Mont-de-Marsan pour les Landes) et sur l’association SOS Médecins, complétées par celles du Samu, l’Agence sanitaire a mesuré l’évolution de l’activité de ces services, à la fois sur les prises en charge pour toutes causes et pour pathologies respiratoires.
Dans le premier cas, il y a bien eu une augmentation de l’activité entre les 20 et 26 juillet aussi bien pour les hôpitaux que SOS Médecins. Mais celle-ci affichait en réalité des «fluctuations habituelles pour la période». Le constat est similaire pour le Samu : il y a bien eu une hausse du nombre de dossiers entre le 23 et le 26 juillet, mais rien finalement d’inhabituel. Même chose pour les malaises et les pathologies cardiaques, qui sont restés à des niveaux usuels.
Les pathologies respiratoires en légère hausse
C’est plutôt du côté des pathologies respiratoires – asthme et dyspnée/insuffisance respiratoire – que les impacts sont un peu plus visibles. Entre le 24 et le 26 juillet, «dans les associations S0S Médecins, la part d’activité pour asthme n’avait pas été aussi élevée depuis le début de l’année», observe ainsi Santé publique France, avec un pic évalué à plus de 3% de l’activité entre le 25 et le 27 juillet. Une augmentation qui a été «confirmée par les professionnels de terrain», et qui a également été constatée dans les services d’urgence. Quant aux prises en charge pour dyspnée/insuffisance respiratoire, elles ont surtout augmenté au sein des établissements de Bordeaux Métropole. En cause, bien sûr, l’émission de fumées, qui rejettent d’importantes quantités de particules, dont particules fines et gaz (dioxyde de carbone, monoxyde de carbone, oxydes d’azote, dioxyde de soufre...). En plus de dégrader la qualité de l’air, les particules fines peuvent être «particulièrement nuisibles pour la santé humaine car elles peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires», rappelle en effet Santé publique France. Et provoquer pneumonies, crises d’asthme et affections oculaires et respiratoires.
Quant à la santé mentale, l’Agence sanitaire note : «Une tendance à la hausse de la part d’activité pour angoisse a été observée dans les associations SOS Médecins de Bordeaux Métropole sur la semaine du 20 au 26 juillet 2026», avec des prises en charge qui ont représenté 3,5% de la part d’activité (contre 2,5% en 2025).
L’impact sanitaire des incendies est donc resté limité, conclut Santé publique France, qui nuance toutefois son propos. Elle n’a en effet pas eu accès aux données du secteur de la médecine libérale.
En Gironde, le bilan de l’incendie est vertigineux : plus de 42 000 hectares brûlés et 220 000 personnes évacuées. À Bordeaux, le Parc des Expositions a été transformé en immense centre d’accueil, où la communauté soignante du territoire s’est mobilisée en urgence pour prendre en charge au mieux des populations particulièrement secouées. Le 3 août 2026, le mégafeu en Gironde demeurait « fixé » et la plupart des habitants évacués avaient pu rentrer chez eux.
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