«En France, chaque jour, une personne meurt par suicide toutes les heures et 500 personnes attentent à leurs jours», rappelle la lettre adressée par des soignants, des chercheurs et des responsables associatifs au gouvernement jeudi 9 juillet, ajoutant que «le suicide constitue la deuxième cause de mortalité chez les 15-25 ans et que le nombre de tentatives de suicide des jeunes femmes a plus que doublé au cours des cinq dernières années».
Les acteurs plaident pour des actions spécifiques...
Les signataires estiment que «l'État n'est plus au rendez-vous de la prévention» alors que «les signaux sont plus qu'inquiétants». Tout en saluant les avancées permises ces dernières années par la stratégie nationale de prévention du suicide, notamment avec la mise en place du 3114, accessible gratuitement partout en France, ces professionnels s'inquiètent d'une «démobilisation du gouvernement» et d'un risque de «délitement des leviers de prévention».
Avec environ 9 000 suicides par an, la France présente «un des taux les plus élevés d'Europe», selon Santé publique France. Selon eux, la prévention du suicide tend aujourd'hui à se «diluer dans une approche globale de la santé mentale», au détriment d'actions spécifiques et coordonnées consacrées au risque suicidaire. Ils affirment également que les associations du secteur ont vu leurs moyens diminuer ces deux dernières années.
...et pour des moyens
«Réduire les moyens de la prévention aujourd'hui, c'est prendre le risque d'en payer le prix social, humain et économique», rappelle la lettre ouverte, mentionnant le risque d'augmentation des suicides, la pressions sur les systèmes d'urgence et sur la psychiatrie. Les signataires demandent ainsi le maintien des financements alloués à la prévention du suicide pour les années à venir ainsi qu'une «concertation réelle et structurée» avec les associations, professionnels de santé, chercheurs et acteurs de terrain afin de construire les politiques publiques.
«La prévention du suicide ne manque ni d'expertise, ni d'engagement» mais «d'un soutien de l'État et de moyens à la hauteur des enjeux», estime les auteurs de la lettre, qui appellent à faire de cette cause «une priorité réelle, durable et pleinement soutenue».
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