Sébastien Lecornu avait annoncé le lancement de ces maisons France Santé lors de son premier déplacement en tant que chef du gouvernement. Le réseau reposera beaucoup sur des structures déjà existantes comme des maisons de santé (animées par des médecins libéraux) ou des centres de santé (où des médecins salariés exercent). Dans certains territoires isolés, des pharmacies pourraient remplir ce rôle, «dès lors qu'elles déploieront des dispositifs d'accès aux soins comme les téléconsultations», a précisé la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Ces structures recevront le label «France Santé», ainsi qu'un forfait d'environ 50 000 euros, a confirmé la ministre, défendant l'amendement du gouvernement au budget de la Sécurité sociale actant cette création.
Présence garantie d'un médecin et d'une infirmière
Le texte prévoit 130 millions d'euros pour le dispositif, Sébastien Lecornu ayant fixé à terme l'objectif de 2 000 maisons France Santé «d'ici l'été 2026» et 5 000 «d'ici 2027». L'obtention du label se ferait sous conditions : présence garantie d'un médecin et d'une infirmière, pas de dépassement, ouverture au moins cinq jours par semaine, etc.., avec une promesse de fournir une offre de soins «en 48 heures et à 30 minutes» de chaque Français.
Selon la ministre, le nouveau label servirait aussi à «rendre visible pour nos concitoyens l'accès aux soins» dans un maillage complexe. L'amendement a été adopté par une bonne partie du camp gouvernemental, et le Rassemblement national, circonspect mais soucieux de valider l'«enveloppe supplémentaire de 130 millions d'euros», selon Matthias Renault (RN). A l'inverse, la gauche a pilonné la proposition du gouvernement. «Vous nous avez fait le même coup avec France Travail en expliquant que ça allait régler la question du chômage», a critiqué Yannick Monnet (PCF). «A partir du moment où on labellise des choses qui existent déjà, on ne répond pas aux déserts médicaux. Les soignants, ce n'est pas comme des champignons. C'est parce qu'on arrose que ça pousse», a abondé Hadrien Clouet (LFI). «Vous allez mettre dans France Santé des structures publiques, privées non lucratives, et privées lucratives», a alerté pour sa part Hendrik Davi (groupe écologiste) s'inquiétant que les fonds versés aggravent la «financiarisation du secteur».
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