PRÉVENTION

BPCO : l'Assurance maladie veut faciliter le dépistage par les infirmiers

Publié le 08/07/2026

Dans son rapport «Charges et produits» de  2026, l'Assurance maladie propose de confier plus largement la réalisation de la spirométrie, soit l'examen qui permet de mesurer volumes pulmonaires et débits expiratoires, aux infirmiers. Mais dans le cadre bien spécifique de l'exercice coordonné.

Patiente en consultation avec un soignant.

Il s’agit de la proposition 6 du rapport «Charges et produits» de l’Assurance maladie, dévoilé le 2 juillet 2026 : «confier la réalisation de la spirométrie aux infirmiers pour le dépistage précoce de la BPCO dans le cadre de l’exercice coordonné». Le document part en effet d’un constat. Lancée en 2017 dans l’objectif de résoudre la problématique de sous-diagnostic de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) en soins primaires, l’expérimentation SPIROU* n’a pas permis à la spirométrie de trouver sa place dans la pratique quotidienne des 282 médecins généralistes volontaires. D’une durée d’un an et déployée sur les trois départements de la Gironde, de l’Artois et de l’Essonne, elle consistait à fournir à ces médecins impliqués des spiromètres pris en charge par la Caisse nationale d’Assurance maladie et à les former à leur utilisation. Les principaux freins identifiés à son implantation ont été «le temps de réalisation de l’acte, sa complexité technique, l’adhésion du patient.» De quoi donc réorienter cette action de dépistage vers d’autres effecteurs.

Faire des infirmiers un levier du dépistage 

C’est là que les infirmiers entrent en scène, mais dans un contexte spécifique, celui de l’exercice coordonné. Et notamment celui des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) dont certaines ont inscrit dans leurs accords conventionnels interprofessionnels (ACI) le champ de la «Prévention de la BPCO» comprenant des actions de prévention. Le document donne ainsi l’exemple de la CPTS Croisée Comtoise qui a mis en place un parcours patient reposant sur deux infirmiers en pratique avancée (IPA). Ceux-ci reçoivent les patients envoyés par les médecins généralistes des maisons de santé (MSP) intégrées dans la CPTS afin de réaliser une spirométrie de dépistage. «La principale limite identifiée la rareté des IPA disponibles sur l'ensemble du territoire national. Ce qui renforce la pertinence d'une politique nationale de déploiement de ce profil de professionnel au sein des structures d'exercice coordonné», note l’Assurance maladie. 

Celle-ci propose donc un modèle d’organisation territoriale, qui systématiserait dans un premier temps le repérage des patients à risque en soins primaires par les professionnels de première ligne : médecins et infirmiers, mais aussi pharmaciens et masseurs-kinésithérapeutes. Les rendez-vous «Mon Bilan Prévention» pourraient représenter une bonne opportunité pour effectuer ce dépistage. Une fois les patients repérés, l’enjeu principal est de leur permettre d’accéder à cette action de dépistage en mobilisant CPTS, MSP, centres de santé (CDS) ou encore centres d’examens de santé (CES) et équipes de soins coordonnées. «La réalisation de la spirométrie doit pouvoir s'appuyer sur davantage de professionnels formés volontaires, à commencer par les infirmiers et les IPA», souligne le rapport, «avec une transmission rapide des résultats au médecin traitant afin d’en assurer l’interprétation et la validation du diagnostic ainsi que l’orientation du patient vers une prise en charge adaptée». 

La proposition de l’Assurance maladie s’inscrit dans un contexte particulier, celui d’une contrainte budgétaire croissante qui nécessite de renforcer le virage préventif afin que celui-ci soit à même de maintenir la soutenabilité du système de santé.  

Demeure un dernier enjeu : la définition d’un modèle économique «viable » qui prendrait en compte les évolutions réglementaires relatives aux infirmiers, à savoir l’élargissement de leurs compétences en matière de spirométrie sans prescription.  

Chaque année, l’Assurance maladie remet au gouvernement et au Parlement son rapport «Charges et produits». Celui-ci comprend une analyse des actions engagées au cours de l’année écoulée et des propositions concrètes pour améliorer la qualité du système de santé tout en maîtrisant les dépenses. Il vient ensuite nourrir les débats autour du financement de l’Assurance maladie pour l’année suivante. Le rapport 2026 contient ainsi une quarantaine de propositions. Il doit encore être soumis au vote de la Caisse nationale de l'Assurance maladie le 9 juillet.

Accéder au «Rapport Charges et produits»

*Pour SPIRométrie par les médecins généralistes et nOUvelles BPCO diagnostiquées) 

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com