SANTÉ COMMUNAUTAIRE

Le financement des 26 centres de santé participatifs pérennisé pour 2026

Publié le 10/02/2026

Les 26 structures d’exercice coordonné participatif, implantées dans des centres et maisons de santé en quartiers populaires, bénéficieront bien d'un prolongement de leurs financements en 2026, a assuré la ministre de la Santé. En expérimentation jusqu'en avril, elles craignaient un arrêt brutal de leur mission, pourtant essentielle, auprès des publics vulnérables.

Médecin généraliste en consultation avec une personne âgée

Crédit photo : BURGER / PHANIE

La ministre de la Santé s’est engagée lundi 9 février, dans une lettre aux 26 structures de soins concernées, à «maintenir» en 2026 les financements liés au dispositif expérimental «Sec-pa» (Structures d’exercice coordonné participatif), qui leur permet depuis cinq ans de mieux prendre en charge les populations vulnérables.

La semaine précédente, ces centres et maisons de santé, principalement implantés dans des quartiers populaires, s’étaient alarmés d’une possible réduction, drastique, de leur budget. L’expérimentation «Article 51», qui assure leurs financements, arrive en effet à échéance à la fin du mois d’avril. Fin janvier, le gouvernement avait ainsi annoncé la suppression du dispositif, une décision justifiée par son passage dans le droit commun. Pour ces structures, toutefois, elle traduirait surtout un basculement vers le réseau France Santé, imaginé par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et adopté par les députés en novembre dernier. Or ce dernier prévoit un budget plafonné à 50 000 euros pour chaque structure labellisée, contre 500 000 euros pour le dispositif SECPA. Face à l'incompréhension et l'inquiétude des acteurs concernés, Sébastien Lecornu avait alors tenté de rassurer en affirmant qu'il n'était pas remis en question, promettant de «pérenniser» les financements, sans toutefois en préciser la nature, ni le montant.

Expérimenté depuis 2021, le dispositif Sec-pa doté de 14 millions d'euros en 2025, représente jusqu'à «un tiers du budget annuel» de ces structures. Il permet de financer le travail «hors soins» des équipes pluriprofessionnelles (médecins généralistes, psychologues, médiateurs en santé, accueillants...) qui prennent en charge des patients souvent éloignés du soin, des actions destinées à renforcer les connaissances en santé et l'autonomie des usagers, comme des ateliers collectifs, mais aussi des consultations de psychologie ou encore le recours systématique à des interprètes.

Un dispositif essentiel pour réduire les inégalités d'accès aux soins

Les structures remplissent 4 missions essentielles face à des populations souvent en situation de grande fragilité : un exercice de proximité (aller-vers, médiation), un accueil spécifiquement adapté aux personnes vulnérables, un accompagnement global pluriprofessionnel (soutien psychologique, accompagnement social, prévention, promotion et éducation à la santé), et une participation active des usagers (recueil de leur parole et de leurs besoins, implication des usagers dans le parcours de soin, le fonctionnement de la structure, et co-construction du projet de soin). Dans une question soumise à Stéphanie Rist, le 5 février, la sénatrice Anne Souyris insistait sur l'intérêt de ce dispositif, soulignant «des premiers retours de terrain [faisant] état de résultats particulièrement encourageants en matière de réduction des inégalités d'accès à la santé, conformément aux objectifs de santé communautaire définis par l'Organisation mondiale de la santé.» Elle fustigeait l'arrêt brutal de l'expérimentation, «d'autant plus incompréhensible qu'aucun bilan partagé n'a été présenté et que la solution de remplacement annoncée, via le label « France Santé », ne permet en aucun cas de financer les missions spécifiques d'accès aux soins et à la santé des publics précaires portées par les SECPA.»

Un financement sécurisé pour 2026

Les structures Sec-pa «prennent en charge des publics particulièrement précaires et vulnérables» et «apportent une réponse essentielle aux inégalités sociales et territoriales de santé», abonde la ministre de la Santé Stéphanie Rist dans son courrier, soulignant le «consensus» sur leur «très grande utilité» et son «attachement profond» à leur travail. «Je prends ici l'engagement de maintenir les financements des Sec-pa en 2026». Pour cette année, «un prolongement du sas d'expérimentation permettra de mobiliser le fonds d'innovation du système de santé (FISS) jusque fin octobre». Le reste proviendra des financements de France Santé et «d'éventuels compléments» versés par les Agences régionales de santé (ARS), précise la ministre.

Après 2026, la pérennisation «devra passer par une mesure législative» qui fixera «un cadre juridique et financier de long terme, adapté aux besoins des territoires et repartant de l'activité» de chaque structure, poursuit-elle. Le cabinet de Mme Rist «organisera un temps d'échange» avec ces 26 structures «en milieu de semaine prochaine» pour leur donner «des précisions» et «ouvrir un espace de discussion pour construire (avec elles) le futur modèle de droit commun».

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com