Les données de l’enquête nationale CSF-2023 confirment que l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle est désormais largement passée par les salles de classe pour les jeunes générations. La majorité des 18-29 ans interrogés déclarent avoir bénéficié d’au moins une séance au cours de leur scolarité, le plus souvent au collège.
Une éducation à la sexualité précoce mais essentiellement centrée sur les risques
Le cadre institutionnel, en place depuis 2001 et renforcé par un programme national depuis 2025, a permis une diffusion plus systématique. Mais le contenu des séances reste très déséquilibré. Les messages centrés sur les risques dominent encore largement, même si les dimensions relationnelles prennent progressivement plus de place au fil des années.
L’étude met aussi en évidence un lien chez les femmes entre le fait d’avoir reçu ces séances et une temporalité plus “ajustée” du premier rapport sexuel, sans que les auteurs ne puissent en tirer une relation de causalité. En filigrane, les résultats posent la question de ce qui reste encore peu abordé comme le plaisir, le désir, ou encore, les dimensions positives de la sexualité.
Des dysfonctions sexuelles fréquentes et étroitement liées à la santé
Les travaux issus de Santé publique France montrent que les dysfonctions sexuelles concernent une part importante de la population sexuellement active. En France hexagonale, près d’un homme sur cinq et plus d’une femme sur trois déclarent au moins un trouble persistant depuis six mois ou plus.
Les troubles rapportés recouvrent un spectre large : désir sexuel diminué, douleurs, absence de plaisir, sécheresse vaginale ou troubles de l’érection. Une partie non négligeable de ces situations s’accompagne d’un retentissement sur la qualité de vie sexuelle, touchant environ 10,9% des hommes et 21,2% des femmes.
La santé sexuelle ne peut pas être isolée du reste de la santé.
Les données montrent une augmentation nette avec l’âge, mais aussi en cas d’état de santé dégradé. Chez les femmes, les antécédents de violences sexuelles apparaissent également associés à ces troubles. Pour les auteurs, ces résultats rappellent surtout une évidence souvent mise à distance: la santé sexuelle ne peut pas être isolée du reste de la santé.
La consommation de produits psychoactifs dans la sexualité
L’étude menée par le Centre d’étude des mouvements sociaux de l’École des hautes études en sciences sociales permet d’élargir le regard sur la consommation de produits en contexte sexuel, au-delà du seul cadre du chemsex.
Les résultats montrent d’abord une réalité simple: ces pratiques restent très minoritaires dans la population générale. Elles sont néanmoins plus fréquentes chez les personnes ayant déjà consommé des produits psychoactifs.
Les données révèlent aussi des variations selon les parcours sexuels. Les personnes ayant eu des relations avec des partenaires de même sexe déclarent davantage ce type d’usages, mais sans que ces pratiques soient limitées à ces groupes. Elles existent dans l’ensemble de la population, à des niveaux variables.
L’étude insiste surtout sur un point: la nécessité de sortir d’une lecture trop restrictive de ces comportements, encore largement associés à un seul type de population ou de pratique.
Des écarts de dépistage du cancer du col de l’utérus
Selon l’enquête CSF-2023, 81,9% des femmes âgées de 25 à 65 ans déclarent être à jour de leur dépistage.
Au-delà de ce niveau global relativement élevé, les écarts apparaissent dès que l’on regarde les déterminants individuels. L’âge, le niveau de diplôme et la situation conjugale jouent un rôle, mais aussi des dimensions plus rarement prises en compte dans les politiques de prévention.
L’activité sexuelle récente, la perception de l’importance de la sexualité dans le bien-être, ou encore certaines pratiques bucco-génitales sont associées à la participation au dépistage. À l’inverse, les femmes homosexuelles et celles ayant subi des violences sexuelles apparaissent moins souvent dépistées.
Ces résultats soulignent la difficulté à construire des messages de prévention réellement universels, capables de prendre en compte la diversité des expériences.
Contraception : entre démédicalisation et fractures sociales persistantes
Le paysage contraceptif français continue d’évoluer, avec une part croissante de méthodes non médicalisées et une présence non négligeable de situations sans contraception. Parmi les femmes exposées à un risque de grossesse non prévue, 8,3% ne déclarent aucune méthode, tandis que 28,3% utilisent des méthodes non médicalisées et 8% des méthodes naturelles.
L’absence de contraception est davantage associée à des situations de précarité et à une faible fréquence des rapports sexuels.
Mais derrière ces chiffres, les logiques sont loin d’être homogènes. L’absence de contraception est davantage associée à des situations de précarité et à une faible fréquence des rapports sexuels. À l’inverse, le recours aux méthodes non médicalisées est plus fréquent chez des femmes plus diplômées.
Les usages varient aussi selon les parcours migratoires, les femmes nées hors de France hexagonale étant plus concernées par l’absence de couverture contraceptive. L’ensemble dessine une réalité complexe, où la “démédicalisation” ne renvoie pas à un mouvement unique, mais à des trajectoires sociales très différentes.
Source : Santé Publique France
RECHERCHE EN SCIENCES INFIRMIÈRES
Prévenir la crise suicidaire au plus près du terrain
PROFESSION INFIRMIÈRE
La réforme infirmière globalement bien accueillie mais très attendue sur le terrain
INTERNATIONAL
15 pays unis dans la lutte contre l’alcoolisation fœtale
ONCOLOGIE
Une collaboration IPA/infirmier libéral optimise le suivi des plaies tumorales