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EDITO - « Je panse, donc j'écris ! » telle est sa devise !

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Livres de la rédaction

On ne peut qu'aimer les infirmières qui écrivent des livres pour raconter leur quotidien, le dénoncer tel un exutoire, le partager pour mieux le faire connaître et reconnaître. Il y a mille et une façons d'y parvenir : chronique quotidienne circonstanciée ; style romancé pour mieux prendre de la distance et s'inspirer de sa propre expérience ; parti pris humoristique parce que la drôlerie est la meilleure façon de cacher le plus dramatique pour mieux le mettre en perspective… Infirmière, la toulousaine Caroline Estremo nous livre son propos qui mèle ses aventures et mesaventures professionnelles. Tout est vrai - et parfois difficile à croire -. Sensible et décapante, pour le meilleur et souvent pour le pire, elle lève le voile sur son quotidien et se dévoile avec coeur. Je panse, donc j'écris, telle pourrait être sa devise ! Et ce, sans trahir ses belles pensées !

Caroline Estremo

Rappelons-nous que l'humour est la politesse du désespoir… Pour camoufler mon manque de confiance, je fais de l'humour, écrit Caroline.

Caroline Estremo, nous la connaissons et vraisemblablement vous aussi . Nous l'avions découverte en septembre dernier lors de la publication de sa première vidéo drolatique relatant « sa vie aux urgences ». Gouailleuse à souhait, elle avait fait rire la communauté infirmière et s'était révélée au grand public. En plein mouvement social hospitalier, elle expliquait qu'elle avait juste assez d'humour pour relater le quotidien des infirmières qui aujourd'hui est devenu très compliqué.

Je veux un métier utile, où je puisse me dire le soir que j'ai aidé des gens… Et merde. Je veux devenir infirmière !

Elle a poursuivi son chemin créatif, passant de youtube à la scène d'un petit théâtre près de Paris  en avril dernier pour finalement compiler cette drôle d'expérience d'infirmière aux urgences dans un livre intitulé tout simplement « #infirmière » aux éditions First ! Caroline Estremo donne à voir sa propre réalité, révèlant les difficultés, les moments réjouissants mais aussi les plus tragiques qui constituent le coeur de son métier. Si l'humour et la drôlerie ne sont jamais loin, l'infirmière dévoile également, avec gravité, ses blessures personnelles, celles qui forgent un caractère voire un personnage.

Au quotidien, mes patients me font tenir. Je continue de les rassurer , les "chouchouter". Je ne me vois pas ailleurs qu'aux urgences.

Rappelons-nous que l'humour est la politesse du désespoir… Pour camoufler mon manque de confiance, je fais de l'humour, écrit Caroline. Ça détend les gens et, sutout, ça me détend moi. Et comme on le lit plus loin, cette attitude ne lui créée pas que des amitiés dans le monde hospitalier et dans son service... Au quotidien, mes patients me font tenir. Je continue de les rassurer , les « chouchouter ». Je ne me vois pas ailleurs qu'aux urgences. C'est un service où les douleurs et les angoisses des patients sont aiguës. Lorsqu'ils pénètrent dans notre service, ils ont besoin de notres soutuen. Je les rassure autant que je peux, et j'aime à penser que j'y arrive.

J'ai toute une palette d'humours à mon actif, et selon les situations et les personnes, je choisis celui qui me semble le plus approprié.

Rire, décompresser, Caroline en a besoin, tout comme ses collègues. Car oui, nous ne sommes qu'humains après tout, et nous encaissons beaucoup de choses : des journées longues et compliquées, des patients difficiles qui s'accumulent parfois, des histoires de vie tragiques. Nos corps se gorgent à notre insu de tensions physiques et psychiques. Tout cela est stocké dans notre disque dur interne jusqu'aux vacances et autres et autres discussions entre amis, passionnement attendues. Pour patienter, nous avons heureusement ces fameuses soirées entre collègues.

Pour ne rien dévoiler de cet ouvrage à la fois très personnel mais finalement universel pour quiconque exerce le métier d'infirmier(e), je ne saurais que trop vous recommander sa lecture et notamment, le chapitre 12, particulièrement réjouissant, intitulé « Tentative de typologie des caractères difficiles de nos chers patients et de leurs accompagnants ».

Si on peut mener notre mission à bien avec le sourire, voire le rire, pourquoi s'en priverait-on ?

Couverture #infirmièreIn fine, Caroline relie le fond et la forme, souffle le chaud et le froid, partage avec nous ses rires, ses révoltes et ses humeurs, sans oublier quelques propos intimes douloureux. Tout ceci fait sens. J'aime mon métier, et même si j'adore taquiner mes patients dans des vidéos humoristiques, je les remercie infiniment. La vie n'est pas facile, cela se saurait. Il faut juste continuer d'avancer au maximum, et surtout profiter de chaque seconde qui nous est offerte.

#Infirmière, Caroline Estremo, First Editions, mai 2017. 14,95 €.

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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