CADRE

Formations professionnelles : quels enjeux pour le CEFIEC

C’est à Caen, préfecture du Calvados, que se sont tenues du 27 au 29 mai derniers les Journées nationales du Comité d'Entente des Formations Infirmières et Cadres (CEFIEC). Une opportunité, un temps dédié pour réfléchir, s’interroger, valoriser la formation et la recherche infirmière, et se confronter collectivement aux enjeux et aux perspectives d’évolution que nécessitent aujourd'hui les politiques de santé.

Les Journées 2015 du CEFIEC : un temps dédié à la réflexion dynamique

Devançant la réorganisation des régions, les Comités d’Entente Régionaux de Basse et Haute Normandie, se sont unis afin de préparer ces journées nationales orchestrées de main de maître par Claire Giguet et Corinne Defrance, les Présidentes régionales de ces deux régions. Ce congrès est en effet l’occasion pour le CEFIEC, représentant 380 structures adhérentes, de rassembler les acteurs de la formation (les Directeurs et les coordonnateurs d’instituts, les cadres de santé formateurs et les coordinateurs pédagogiques, les équipes administratives et logistiques ainsi que les étudiants et élèves) et ainsi de rendre visible notre participation active à l’évolution de la profession infirmière en assurant la promotion des formations professionnelles et en garantissant un haut degré de qualité. Les positions du CEFIEC rejoignent celles d’autres associations de la filière infirmière avec qui nous entretenons des liens étroits avec la volonté de mener des actions collectives réaffirmant la place prépondérante des infirmiers et infirmières dans la prise en charge de la santé de la population. Plusieurs personnalités représentant le Conseil Régional et l’ARS de Basse Normandie, l’Université de Caen et aussi l’Ordre National des Infirmiers, les Présidents et Vice-Présidents des associations ANDEP, ASI, AFDS, GERACFAS, FINE Europe, ANPDE, UNAIBODE, étaient présents. 

L'intergénérationnel au coeur du processus de formation

La première journée invitait à réfléchir sur l’« Impact des relations intergénérationnelles sur le processus de professionnalisation », sujet au cœur de nos préoccupations dont les intervenants, pour la plupart issus de la filière infirmière et dotés de Diplômes universitaires (Master ou Doctorat) ont su captiver l’auditoire composé de près de 500 personnes. La formation professionnelle des métiers de la santé implique la rencontre de plusieurs générations dans les instituts de formation comme dans les structures sanitaires et médico-sociales. Parallèlement, les évolutions sociétales, le rapport aux apprentissages ainsi que les modes de transmission des savoirs questionnent le processus de professionnalisation. Ainsi, les talentueux intervenants ont amené à réfléchir sur l’appréhension des enjeux sociaux des rapports entre les plus jeunes et les plus âgés, sur les relations entre ces générations dans l’espace professionnel et les défis et les limites de l’« être ensemble » de ces générations et d’envisager leur accompagnement tout au long de leur parcours professionnel. 

Les trophées CEFIEC 2015 ont été décernés

Le premier prix ex-aequo du Trophée CEFIEC a été remporté cette année par Florian Gely, étudiant de 3e année à l’IFSI du CHU de Toulouse, pour son mémoire intitulé « Les temps informels de la relation d’aide en pédopsychiatrie » et par Nicolas Ecobichon, de l’IFSI de Châlon-sur-Saône, diplômés en 2014. L’édition 2014 a mobilisé les 326 IFSI de France et plus de 25 000 travaux de fin d’études des étudiants de 3e année ont été présentés. Côté cadres de santé, le Premier prix a été décerné à Gisèle Benjelloul, de l’IFCS Pitié-Salpêtrière. 

Une nécessaire évolution des structures de formation

La deuxième journée a été l’occasion d’exposer les positions du CEFIEC concernant l’évolution des structures de formation et d’envisager l’enjeu pour l’avenir. Le contexte de notre réflexion associative resituée, une approche socio-économique du système de santé suivie d’une clarification de la notion de territoire et de notre conception de l’autonomie a permis de poser notre positionnement associatif actuel. Les évolutions que nous défendons s’appuient sur les principes incontournables de maillage territorial, d’acquisition des compétences professionnelles en situation réelle de soin basé sur une conception socio-constructiviste de l’apprentissage, de formation par des pairs en alternance intégrative avec un accompagnement pédagogique des étudiants dans leur parcours de formation nécessitant des temps importants de travaux dirigés en groupes restreints et de suivi individuel.

Il a été démontré que ces évolutions devaient s’inscrire en regard :

  • de la transformation du système de santé qui devra répondre aux besoins de santé de la population, et permettre le développement de l’éducation et de la prévention, des parcours de soins facilités et de l’innovation ;
  • de la territorialisation de l’offre de formation paramédicale impliquant des cohérences à rechercher et des défis à relever au niveau régional, au niveau du territoire de santé, en lien avec le découpage universitaire, avec la politique sociale et les évolutions sociétales ;
  • d’une conquête de notre autonomie impliquant l’acquisition de la personnalité morale permettant une réelle emprise sur les décisions stratégiques notamment au regard de la gestion administrative et budgétaire.

En conséquence, notre dispositif de formation doit poursuivre son évolution, les défis, s’ils sont importants, ne sont pas insurmontables :

  • un gain d’autonomie dans la gestion des dispositifs est incontournable ;
  • l’adoption de stratégies au sein de nos territoires visant à construire nos structures avec les partenaires (la Région et l’Université) et visant le maintien des compétences au sein des territoires. Ceci implique également de développer la Formation Continue des professionnels et ainsi contribuer au Développement Professionnel Continu (DPC) ;
  • le contexte économique et la recherche de qualité doivent nous amener à envisager la mutualisation des moyens sans pour cela ignorer les besoins des territoires.

Afin d’illustrer ces propos, des expériences concrètes de fonctionnement en autonomie ont été exposées : le GIP de Quimper-Cornouaille en Bretagne et le GCS d’Albi en Midi-Pyrénées suivi de l’expérience La Haute école de Namur en Belgique. Trois autres exemples ont été exposés : le GIP d’Avignon, le GIP de Laval et le GCS/IFCS de Lyon.  
Invités à la table ronde, les représentants des associations ainsi que de l’ARF et l’Université  (Florence Girard, Présidente de l’ANDEP, Laurence Laignel, Vice-Présidente de l’AFDS, Lisa Cann Présidente de la FNESI, Martine Sommelette, Présidente du CEFIEC, Frédéric Beatse, Vice-Président de la région Pays de la Loire et représentant de l’ARF, Professeur Maurel, Vice-Président de l’Université de Caen Basse Normandie) ont échangés sur ces propositions. Deux grands absents ont été remarqués. En effet, le Ministère de la Santé ainsi que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche n’ont pas répondu aux sollicitations pour participer à ces échanges. 

Un bureau partiellement renouvelé

L’Assemblée Générale Ordinaire s’est tenue le dernier jour et a permis de renouveler partiellement le Bureau National d’Administration, composé ainsi : 

  • Présidente Martine Sommelette, IFSI de Charleville-Mézières, Trésorier
  • Pierre-André Parent,  IFSI d’Arles, Vice-Présidente Affaires générales
  • Catherine Tirand-Martin,IFSI du Mans, Vice-Président Formation des cadres de santé
  • Alain Viaux, IFCS de Nancy, Vice-Présidente Communication
  • Mireille Charpentier, IFSI Rabelais Paris, Vice-Présidente Formation infirmière
  • Ange-Dominique Secondi, IFSI des Mureaux Vice-Présidente Formation continue
  • Anne Apra, IFSI de Bayonne, Vice-Présidente Formations spécialisées
  • Martine Fedi, IFSI de La Gaude, Vice-Présidente Formations AS/AP
  • Marielle Boissart, IFSI d’Aubagne, Vice-Présidente Vie associative
  • Christine Magne, IFSI Esquirol de Lyon .

Publicité

Commentaires (0)