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Ehpad : la campagne de dépistage pour peu à peu « lever le confinement en chambre »

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Epidémiologie

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On sait la situation particulièrement difficile dans les Ehpad depuis le début de l’épidémie de Coronavirus. La campagne de tests dans ces établissements est enclenchée, a assuré Olivier Véran, qui était dimanche 19 avril aux côtés du Premier ministre pour dessiner les contours du déconfinement, effectif à partir du 11 mai prochain. Pour Eve Guillaume, directrice d’Ehpad dans le 93, ces tests, très attendus depuis plusieurs semaines, vont permettre d’assouplir les règles dans son établissement, tout en assurant la sécurité des résidents et des visiteurs.

Pour Eve Guillaume, directrice d’Ehpad dans le 93, les tests, très attendus depuis plusieurs semaines, vont permettre d’assouplir les règles dans son établissement.

Le lancement de la campagne de tests élargie dans les Ehpad, annoncé par le ministre de la Santé le 6 avril dernier, s'est enclenchée, avec 50 000 tests programmés et réalisés dans les établissements la semaine dernière, a assuré Olivier Véran, ministre de la Santé. Dans le Haut-Rhin, foyer majeur de contamination au Covid-19, une campagne de dépistage sanguin a été lancée le 14 avril dernier. Le test sérologique (qui n’est pas encore généralisé) vise à déterminer si un individu a été en contact avec le coronavirus grâce à la présence d'anticorps dans le sang et s'il est a priori immunisé. L'objectif est d'optimiser la sécurité sanitaire des résidents et du personnel grâce à une carte épidémique des établissements et d'adapter au cas par cas les règles de confinement individuel, a expliqué madame Klinkert, présidente du conseil départemental, soulignant les effets indésirables de l'isolement des personnes âgées. Cette campagne de dépistage vise aussi à desserrer la pression psychologique qui pèse sur le personnel, a-t-elle ajouté. 

Si j’apprends que 80% de mes résidents ont eu le coronavirus, c’est comme s’ils étaient vaccinés en termes d’épidémiologie, ce qui me permettrait de pouvoir lever l’isolement en chambre.

Une situation pénible pour les directeurs d’Ehpad, qui comptent sur la généralisation des tests

On a eu beaucoup de décès et de nombreux cas suspectés d’être infectés, précise Eve Guillaume, directrice d’un Ehpad public à Saint Ouen (93), un établissement qui compte 80 places d’hébergement et 71 résidents, que nous avions déjà contactée pour faire le point sur les conditions de vie de ses résidents pendant l’épidémie. Aujourd’hui, elle attend la généralisation des tests avec impatience. Des résidents se trouvent actuellement sous surveillance après guérison, mais nous craignons des rechutes. Sept de nos résidents ont été testés positifs, les autres, qui présentent des symptômes ont été considérés comme positifs, sans être testés. En effet, le nombre des tests était jusque-là limité en Ehpad. Eve Guillaume déplore également 70% d’absentéisme dans son établissement, avec un grand nombre de personnels qui présentaient des symptômes. Une situation qui explique pourquoi la directrice d’Ehpad, comme de nombreux directeurs d’établissements pour personnes âgées dépendantes, attend avec impatience la généralisation des tests de dépistage. Il s’agit pour l’heure de tests PCR (ou nasopharyngés), qui permettent de savoir, grâce à un long coton-tige, si le patient est infecté par le coronavirus au moment du test ou non.

L’ARS (de l’Ile-de-France) est depuis la semaine dernière en train d’organiser le dépistage dans les Ehpad. Dans notre département, 15 établissements sont prioritaires pour commencer. On devrait en faire partie, confie la professionnelle qui attend de ces tests qu’ils permettent de préparer le déconfinement. Si j’apprends que 80% de mes résidents ont eu le coronavirus, on se rapproche de l’immunité collective en termes d’épidémiologie, les mesures sur le déconfinement seront différentes d'un cas de figure où nous n’avons que 20% de personnes positives. Nous commençons aussi, depuis vendredi, à permettre aux familles de rencontrer les résidents pour qui le confinement est particulièrement difficile, dans le jardin, pendant 30 minutes, avec un masque et un seul proche.

Le ministre de la Santé a justement annoncé dimanche le rétablissement à partir de lundi 20 avril, d'un droit de visite pour les familles dans les Ehpad, dans des conditions extrêmement limitées. L'AD-PA, l’association de directeurs d'Ehpad, a salué la décision du gouvernement, très encourageante, compte tenu du nécessaire prolongement du confinement sur les semaines à venir. Elle a souhaité que les nouvelles modalités puissent être adaptées aux visites de kinésithérapeutes et de bénévoles pour préserver et accompagner autonomie à la marche et temps de vie sociale

De toutes ces mesures dépendent les conditions de résidence des personnes âgées, qui souffrent particulièrement de l’isolement depuis le début de l’épidémie.

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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