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Covid-19 : 500 000 décès redoutés en Europe d'ici février 2022, alerte l'OMS

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Epidémiologie

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Nous sommes, de nouveau, à l’épicentre de la pandémie de Covid-19, a déploré Hans Kluge, le directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Europe lors d’une conférence de presse en ligne, le 4 novembre, alertant sur un rythme de transmission jugé très préoccupant. Au centre des inquiétudes : la Russie en premier lieu, qui a enregistré 8 162 morts au cours des sept derniers jours (+8 % par rapport à la semaine précédente), l’Ukraine (3 819 morts), la Roumanie (3 100 morts), mais aussi l’Allemagne, où 19 702 cas ont été enregistrés en une semaine ; un record qui n'avait pas été atteint depuis le mois d’avril. En France, même si elle est moindre, on constate une augmentation du taux d’incidence (62 cas pour 100 000 habitants, soit +12 % par rapport à la semaine précédente selon Santé Publique France) et de décès (193, soit +8 %). Si nous restons sur cette trajectoire, nous pourrions voir un autre demi-million de décès dus au Covid-19 dans la région d'ici à février, s’est alarmé Hans Kluge. Pour l’OMS, cette nouvelle vague s’explique non seulement par l’assouplissement des mesures anti-Covid, mais aussi par l’insuffisance de la couverture vaccinale. Seuls 47 % des habitants de la région (Europe et pays d’Asie centrale) seraient ainsi entièrement vaccinés. La plupart des personnes hospitalisées et mourant du Covid-19 aujourd'hui ne sont pas complètement vaccinées, a souligné Hans Klaus. Alors que le seuil de 5 millions de morts du Covid a été franchi le 1er novembre, dont 1,4 million rien qu’en Europe, l’OMS réitère ses appels à poursuivre la vaccination et à utiliser massivement les masques et les gestes barrières. Elle estime en effet que renforcer le recours au masque pour atteindre un taux d’utilisation à 95 % permettrait de sauver 188 000 vies d’ici au mois de février.

Dans ce contexte, un espoir tout de même : le 4 novembre, le Royaume-Uni a autorisé la mise sur le marché du molnupiravir de Merck, devenant le premier pays à approuver ce nouveau traitement oral qui, administré dans les premiers jours suivants l’infection, réduirait de moitié les risques d’hospitalisation. La MHRA, l’agence du médicament britannique, recommande son utilisation chez les personnes souffrant d’un Covid léger à modéré et présentant au moins un facteur de risque de développer une forme grave. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a, de son côté, lancé l’analyse du traitement et indiqué lors d’une conférence de presse le 4 novembre qu’elle se tenait prête à conseiller les États membres de l'Union européenne afin qu'ils puissent mettre ce nouvel antiviral oral à disposition en cas d'urgence, avant son autorisation, a indiqué Marco Cavaleri, le responsable de la stratégie vaccinale. Nous essaierons d'accélérer notre évaluation pour obtenir une autorisation dans les plus brefs délais, a-t-il également précisé. Le molnupiravir est d’ores et déjà perçu comme un outil crucial et complémentaire à la vaccination dans la lutte contre l’épidémie, notamment car il permettrait de soulager les services hospitaliers.

Parallèlement, Pfizer a annoncé ce vendredi 5 novembre dans un communiqué que sa pilule anti-Covid présentait des résultats positifs encourageants. Selon les premiers résultats d’essais cliniques menés sur 1 200 adultes ayant contracté le virus, elle serait ainsi efficace à 89% pour prévenir les risques d’hospitalisations ou de décès chez les personnes présentant des facteurs pouvant induire des formes graves de la maladie. Deux autres essais ont également été lancé : un pour mesurer l’efficacité de ce traitement dans une population ne présentant pas de risque accru de développer une forme grave, et un second pour tester sa capacité à réduire les risques d’infection chez l’entourage d’une personne ayant contracté le Covid. Le laboratoire entend donc fournir très prochainement les données récoltées à la FDA, l’Agence du médicament américaine, en vue d’une commercialisation aux Etats-Unis. L'annonce d'aujourd'hui change vraiment la donne dans nos efforts mondiaux pour stopper les ravages causés par cette pandémie, se félicite Albert Bourla, le PDG de Pfizer.

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