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Covid, jeunesse et risque suicidaire : un cocktail explosif auquel LCP consacre une émission TV

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Les dégâts psychologiques induits par l'épidémie de Covid-19, en particulier chez les enfants et les adolescents, sont désormais de notoriété publique : le doublement des crises suicidaires lié aux confinements successifs au sein de cette population interpelle. Le 27 octobre en prime time, la chaîne parlementaire LCP y consacrera un documentaire écrit et réalisé par Sonia Hedidi et suivi d'un débat. Entièrement dévolu à la parole de la jeunesse que les professionnels du soin, collégialement, prennent en charge avec engagement, il jette un regard attentif et brut sur la souffrance étouffante des plus jeunes. Des gamins tantôt mutiques, claquemurés dans les réseaux sociaux et désinvoltes en apparence, tantôt au contraire encombrés par la vague émotionnelle qui les submerge et les emmène jusqu'à la tentative de suicide. Cet acte, ils l'analysent parfois avec une lucidité déroutante ou le ramènent à sa plus simple expression : c'est pas grand-chose : un verre d'eau, quelques médicaments, et c'est fait, banalise Adélaïde, 16 ans ; et souvent, ils l'imaginent libérateur : ne plus rien ressentir, c'est cool, ça enlève toutes les souffrances, explique Paul, 15 ans, du désir qu'il a ressenti de se jeter du haut d'un pont. En une heure, au travers d'une galerie de portraits esquissés aussi bien lors de consultations à l'hôpital qu'à domicile ou dans les centres médico-psychologiques (en présence, ou non, de parents inquiets, démunis, et qui ne savent plus comment raccrocher leur enfant à la vie), on mesure combien l'isolement social, la frustration, le freinage brutal du développement ont été un révélateur et un amplificateur des difficultés psychiques existantes, rappellent les professionnels qui témoignent. Et qui s'interrogent par ailleurs sur la manière dont ils peuvent continuer à personnaliser au mieux leur suivi sans devenir impuissants et rassis. Les difficultés organisationnelles du système de santé ne sont pas délaissées : comme les autres secteurs, on y voit une psychiatrie en manque de lits et qui nécessite un exercice quotidien d'équilibriste pour trouver des places trop peu nombreuses au regard des besoins, face auxquels les doutes de certains soignants s'expriment : il faut trouver chaque jour la force de continuer ; je le fais parce que je me dis qu'une seule rencontre peut suffire pour redonner espoir à ces jeunes, lâche une infirmière. Sans fard, le documentaire choisit pourtant de se refermer sur ceux qui connaissent une évolution heureuse ; un parti pris plein d'espoir mais qui ne doit pas faire oublier que 52 % des jeunes primo-suicidants présentent un risque de récidive.

La Rédaction Infirmiers.com

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