EN BREF

De la nécessité de suivre les soignants confrontés à la Covid19 en soins intensifs

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Epidémiologie

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L'Académie de Médecine émet en date du 8 juin 2020 une "recommandation" intitulée : "Suivi des soignants impliqués dans la prise en charge de la Covid-19". En effet, le nombre croissant de décès chez les malades hospitalisés a eu d’importantes répercussions sur le moral des soignants, confrontés aussi à la douleur des familles. Des troubles psychologiques sont observés (hyperémotivité, niveau d’anxiété élevé, insomnies), allant jusqu’au syndrome de stress post-traumatique avec une incoercible répétition diurne et nocturne (cauchemars) des souvenirs les plus pénibles et une angoisse de mort. Des troubles liés aux conditions de travail éprouvantes imposées pendant plusieurs mois aux équipes de soins, ils se manifestent chez nombre de soignants après la crise, au moment de la décompression. Pour l'Académie de Médecine, méconnaitre cette complication ferait le lit de troubles psychiques ultérieurs, entrainant l’incapacité à rester dans une profession de soins, jusqu’à des troubles dépressifs et addictifs avec leur contingent de conduites suicidaires.

De fait, l'Académie de Médecine souligne que dans la phase actuelle de fin d’épidémie, l’accompagnement des soignants en soins intensifs ayant été confrontés à la Covid-19 requiert une attention particulière après les semaines au cours desquelles leurs capacités de résilience ont été durement mises à l’épreuve. Elle recommande donc :

  • un examen médical systématique par les médecins de prévention, à renouveler pendant trois ans, pour identifier d’éventuels symptômes psychiques apparus après la phase aiguë de la crise sanitaire et proposer une prise en charge adaptée ; 
  • la prescription, aussi souvent que justifié, de mesures thérapeutiques telles que des aménagements transitoires des conditions de travail ;
  • que l’employeur, à l’issue de la crise, manifeste son attention aux besoins de soutien de ces personnes, en mettant en place des outils de promotion de la santé mentale tels que les groupes de paroles et les activités physiques ;
  • que l’organisation et les conditions de travail dans les structures de soins intensifs soient réévaluées et améliorées ;
  • une prise en charge rapide au titre des accidents imputables au service pour les agents de l’État ou au titre des accidents du travail pour les autres salariés ou indépendants.

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