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Durement frappés par la crise sanitaire, les Ehpad vont devoir investir et se transformer

Les maisons de retraites médicalisées, ou Ehpad, vont devoir accélérer leur transformation. Ces établissements, durement frappés par l'épidémie de coronavirus, ont révélé leurs faiblesses et la nécessité pour eux d'investir et de fonctionner autrement. La filière du grand âge a payé un lourd tribut à la crise sanitaire, constate le cabinet Xerfi, un institut d’études privé spécialisé dans l'analyse économique sectorielle en France et à l'international, dans une note consacrée aux Nouveaux défis des acteurs du grand âge, publiée début juin. Près de la moitié des quelque 30 000 morts du Covid-19 en France étaient des résidents des Ehpad (décédés dans leur établissement ou à l'hôpital), et la commission d'enquête qui s'est ouverte mardi dernier à l'Assemblée nationale cherchera notamment à identifier des défaillances dans la gestion de la pandémie. Meurtrière pour les plus fragiles, cette crise sanitaire s'est également révélée traumatisante pour les personnels et déstabilisante pour les structures d'accompagnement du grand âge, note Xerfi. Elle a en outre mis en lumière des dysfonctionnements, notamment un défaut de valorisation des prestations et des personnels - niveaux de salaires, pénibilité amplifiée par les sous-effectifs et difficultés de recrutement.

Le modèle des Ehpad a du plomb dans l'aile depuis la crise, estime ainsi Marie-Anne Montchamp, présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, qui gère les fonds dédiés à la dépendance et au handicap. Pour elle, il y a une impérieuse nécessité de le transformer pour faire face aux problèmes économiques qui vont peser sur certains établissements affaiblis par l'épidémie, mais aussi pour se projeter dans un avenir plus éthique, plus humain, qui répond à ce que veulent les gens et redonne espoir aux professionnels. Parmi les premiers enseignements de la crise, on s'est aperçus que lorsque le virus s'était implanté dans un établissement, d'autant plus si celui-ci était de grande taille, il était excessivement difficile de contrôler sa diffusion, rappelle à son tour l'analyste Bruno de la Rochebrochard, du courtier Bryan Garnier. Ainsi les grands établissements de 100 ou 150 places, nés pour des raisons de rentabilité, peuvent-ils avantageusement céder la place à un rapprochement entre établissements voisins - centre hospitalier, maison de retraite, résidence seniors, clinique de soins de suite sont voisins - afin de mutualiser les coûts. Autre point faible selon lui, la faible médicalisation de ces établissements en France. En Italie, une médicalisation plus importante des Ehpad a permis malgré tout de limiter le nombre de décès: on était capable d'assurer un minimum de services respiratoires pour les patients âgés, qui en France n'étaient parfois plus accueillis à l'hôpital au plus fort de l'épidémie, estime-t-il.

Lire l'intégralité de cette information sur le site de Ouest-France

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