Le suicide pèse davantage dans la mortalité masculine que féminine. Mais au sein même de chaque sexe, la situation économique joue un rôle déterminant. Les personnes situées en bas de l’échelle des revenus présentent des taux de suicide nettement supérieurs à celles appartenant aux catégories les plus favorisées. L’amplitude de cet écart est marquée chez les femmes et encore plus prononcée chez les hommes.
Les hommes de l’ouest de la France particulièrement touchés
Le lieu de naissance influence également la probabilité de décès par suicide. Chez les hommes, ceux issus de certaines régions de l’ouest de la France se distinguent par des niveaux plus élevés de suicide. À l’inverse, les hommes nés hors du territoire français, en particulier en Afrique subsaharienne, présentent des taux plus faibles.
Chez les femmes, les écarts régionaux sont un peu moins marqués mais restent visibles, avec des niveaux plus élevés observés dans certaines régions du nord-ouest. Les femmes nées sur le continent africain se situent, quant à elles, en dessous de la moyenne.
L’environnement de résidence compte aussi. Les territoires peu densément peuplés et éloignés des grandes agglomérations affichent des taux supérieurs, surtout pour les hommes et cette tendance apparaît indépendamment de la profession exercée.
Les agriculteurs, ouvriers et des employés plus particulièrement à risque
À situation sociale comparable, certaines catégories sont davantage exposées que les cadres supérieurs. C’est notamment le cas des agriculteurs, des ouvriers et des employés, qui présentent tous un excès de risque.
Chez les femmes, en revanche, la profession semble moins discriminante. Une exception concerne les femmes ayant exercé des fonctions de cadre et âgées de plus de 65 ans, pour lesquelles une légère hausse du taux est observée. Autre divergence : un niveau d’études élevé est associé à une diminution du risque chez les hommes, alors qu’aucun effet protecteur équivalent n’est mis en évidence chez les femmes.
L’étude rappelle toutefois que certaines professions aux effectifs réduits ne permettent pas d’établir des estimations solides, même lorsque les niveaux observés paraissent élevés.
Vivre sans partenaire qu’il s’agisse de veuvage, de célibat ou de séparation est associé à des taux plus élevés de suicide que lorsqu’on vit en couple.
La vie familiale et la santé mentale des facteurs décisifs
La situation conjugale constitue un élément important dans la survenue du risque suicidaire. En effet, la perte du conjoint constitue un facteur de risque majeur, avec un impact particulièrement fort chez les hommes âgés. De manière plus générale, vivre sans partenaire qu’il s’agisse de veuvage, de célibat ou de séparation est associé à des taux plus élevés de suicide que lorsqu’on vit en couple.
La présence d’enfants et la cohabitation sont liées à un risque moins élevé de suicide même s’il subsiste quelques nuances : la vie à deux semble jouer un rôle protecteur plus marqué pour les hommes, tandis que, pour les femmes, c’est surtout la parentalité qui est associée à une diminution du risque.
Enfin, la santé mentale demeure le déterminant le plus impactant. Les personnes souffrant de troubles psychiatriques présentent des niveaux de mortalité par suicide très supérieurs au reste de la population, notamment en cas d’addictions, de troubles de l’humeur ou de troubles anxieux. Pour autant, même en tenant compte de ces pathologies psychiatrique, les écarts sociaux ne s’effacent pas totalement, preuve du rôle important des conditions de vie.
Source :
Rapport de la DREES, « Le suicide, trois fois plus fréquent chez les hommes, deux fois plus chez les plus modestes »
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