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L'impossibilité pour les infirmiers de prescrire les vaccins, un "frein" à la campagne vaccinale

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Autoriser les infirmiers à prescrire, en plus d’administrer, les vaccins contre le SARS-CoV-2, c’est en substance ce que réclament depuis la semaine précédente la plupart des organisations et des syndicats infirmiers. L’Ordre National des Infirmiers (ONI), qui a déjà contesté l'avis de la HAS et réagi par communiqué de presse à la publication du décret étendant les compétences vaccinales aux sages-femmes et aux pharmaciens, s’est associé dimanche à France Assos Santé, représentant les patients et usagers des systèmes de santé, pour réclamer l'autorisation de prescription pour les infirmiers. Aujourd’hui, la vaccination contre la Covid-19 est un enjeu majeur de santé publique, soulignent-ils dans une tribune commune publiée dans le JDD du 14 mars, dénonçant l’incohérence du dernier avis de la Haute Autorité de Santé à propos de l’extension des compétences vaccinales, qui ne permet pas de répondre à l’enjeu d’une vaccination rapide partout en France. Incohérence qu'ils jugent d’autant plus flagrante que les infirmiers sont au contact des patients les plus isolés ou dans l’incapacité de se déplacer et pour qui l’accès à la vaccination s’avère difficile. Permettre aux infirmiers d’assumer un rôle plus important dans la campagne de vaccination, c’est garantir l’accès au vaccin à un plus grand nombre de patients, dans de bonnes conditions d’hygiène et de soin, et étendre plus rapidement la couverture vaccinale en France, défendent-ils.

Un avis qu’ont depuis partagé ce lundi 15 mars l’Union Nationale des Infirmiers Diplômes d’Etat (UNIDEL) et l'Union Nationale des Infirmiers en Pratique Avancée (UNIPA), ainsi que 22 autres organisations infirmières, dans un communiqué commun. Rappelant que la vaccination constitue l’une des missions premières de la profession infirmière, formée de plus à prendre en charge ses éventuels effets secondaires, elles estiment que l'impossibilité pour les infirmiers de prescrire les vaccins constitue un réel frein à la campagne de lutte contre la Covid-19 : « Les 600 000 infirmières de France doivent pouvoir vacciner en autonomie pour répondre aux besoins de la population ! Les 140 000 infirmiers libéraux sont les derniers professionnels de santé à se rendre au quotidien au domicile des patients, mais ils ne peuvent pas vacciner sans ordonnance médicale ? » Elles appellent ainsi à l'abrogation de cette décision, qu'elle qualifie d'inepte, et met en garde contre la colère, l'écoeurement et la démotivation qui pourraient gagner la profession.

Directement liées à l'impossibilité pour les infirmiers de prescrire la vaccination, ces réactions ont été accentuées par la parution du décret publié dans le Journal Officiel le vendredi 12 mars, qui autorise les pompiers à procéder à la vaccination. Cette décision a fait bondir certains groupements sapeurs-pompiers. L’Association Nationale des Infirmiers des Sapeurs-Pompiers (ANISP), notamment, si elle se félicite dans un communiqué du 12 mars que ceux-ci puissent prendre une part plus active à la campagne vaccinale, elle signale toutefois que l’acte vaccinal requiert des compétences professionnelles de santé dont ils ne disposent pas nécessairement. Ce n’est pas en 30 minutes de formation sur un coin de table que l’on peut remplacer des années d’études et de pratiques. On nous demande de former des sapeurs-pompiers pour nous remplacer, et d’assumer les conséquences des actes qu’ils vont réaliser, alerte-t-elle ainsi. Ces messages interviennent alors que la situation épidémique sur l'ensemble du territoire, et en particulier en Île-de-France, demeure préoccupante, appelant à une accélération massive de la campagne de vaccination.

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