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Les infirmiers autorisés à vacciner sans prescription médicale pour plusieurs pathologies

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Compétences infirmières

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Deux textes sont parus au Journal Officiel du 23 avril 2022 qui entérinent l’extension des compétences vaccinales des infirmiers. Ils étendent également les prérogatives des pharmaciens et des sage-femmes.

Trois mois après l’avis favorable de la Haute Autorité de Santé, le gouvernement autorise par un décret et un arrêté l’élargissement des compétences vaccinales de ces trois professions, qui ont été en première ligne lors du Covid-19.

Une extension des compétences pour 15 pathologies

Selon le décret, les infirmiers seront désormais habilités à administrer, sans prescription médicale préalable de l'acte d'injection, les vaccins contre 15 nouvelles pathologies : le tétanos, la grippe saisonnière, les différents méningocoques (A, B, C, Y et W), la rage, la coqueluche, la diphtérie, la polio, les hépatites A et B, les papillomavirus humains et les infections invasives à pneumocoques. L’arrêté, lui, fixe les personnes qu’ils seront autorisés à vacciner, à savoir les personnes majeures et les mineurs de plus de 16 ans pour lesquels ces vaccinations sont recommandées dans le calendrier des vaccinations en vigueur, à l’exception des personnes présentant des antécédents de réaction allergique sévère à l'ovalbumine ou à une vaccination antérieure. Les pharmaciens sont eux aussi autorisés à administrer la même liste de vaccins aux mêmes populations, mais toujours sur présentation d'une ordonnance médicale.

Une avancée saluée par la profession

C'est un premier pas vers plus d'autonomie pour la profession et, pour nos concitoyens, la garantie d'un accès renforcé à la prévention, s’est félicité Patrick Chamboredon, le président de l’Ordre national des Infirmiers (ONI) auprès de nos confrères de l’AFP. En novembre 2016, le gouvernement s’était engagé à modifier ces textes pour permettre à l’infirmière, dans le cadre de son rôle autonome, d’exercer ses compétences auprès de l’ensemble de la population et des pathologies, rappelle de son côté le Syndicat National des Professionnels Infirmiers dans un communiqué. Car, précise-t-il, que les infirmiers, parce qu’ils sont présents partout sur les territoires et qu’ils composent le groupe le plus important en termes d’effectifs de professionnels de santé, sont les plus capables d’informer et d’administrer les vaccins. Le SNPI salue donc la publication de ces textes, tout en regrettant néanmoins qu’en soient exclus les vaccins ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et contre la tuberculose. Là encore, nous avons du mal à comprendre pourquoi l’infirmière française ne serait pas compétente sur la vaccination ROR et le BCG, alors que dans le monde des milliards de personnes ont déjà été vaccinées par des infirmières autonomes, réagit ainsi Thierry Amouroux, le porte-parole du syndicat.

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