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Obligation vaccinale des soignants : le Jour J est arrivé

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Epidémiologie

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Emmanuel Macron l'avait annoncé voilà deux mois : l'obligation vaccinale anti Covid-19 s'applique à tous le système de soins, l'ultimatum étant fixé au 15 septembre. Le voici expiré pour les 2,7 millions de professionnels concernés dans les hôpitaux et maisons de retraite, les soignants libéraux, aides à domicile, pompiers, ambulanciers... Santé Publique France, qui se fonde sur des échantillons de l'Assurance maladie, annonce que 88 % des professionnels en établissements de santé étaient primo-vaccinés au 7 septembre et que 89,3 % des soignants avaient reçu au 12 septembre au moins une dose de vaccin dans les structures accueillant des personnes âgées dépendantes (Ehpad, USLD). Des proportions dont se réjouit Patrick Chamboredon, Président de l'Ordre National des Infirmiers, qui relève que la très grande majorité des soignants est aujourd’hui vaccinée [et que] les efforts de communication et de pédagogie, auxquels se sont ajoutés des leviers législatifs, ont fini par porter leurs fruits. Quelle sera la part de contrevenants ? Difficile à prédire, bien que les acteurs du secteur s'y essaient : 1 à 2 %, estime Florence Arnaiz-Maumé, secrétaire générale du Synerpa, qui représente les Ehpad privés ; même pronostic pour Martin Hirsch, directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Mais pour Frédéric Valletoux, il ne faudrait pas instrumentaliser des cas particuliers pour faire croire qu'ils sont des bataillons entiers. Concrètement, les sanctions pour ceux qui ne peuvent justifier d'une première injection, d'une contre-indication vaccinale ou d'une contamination récente est la suspension du contrat de travail, sans rémunération. Pour tous les professionnels suspendus, l’Ordre procèdera à un rappel des obligations légales et déontologiques sur les enjeux de la vaccination pour se protéger, protéger ses proches, et protéger ses patients. Nous poursuivrons ainsi les efforts engagés depuis plusieurs mois pour convaincre le plus grand nombre possible d’infirmières et d’infirmiers, assure P. Chamboredon. Craignant une situation ingérable, FO-Santé a réclamé un délai supplémentaire. Nous ne reculerons pas, a vertement rétorqué Jean Castex, qui balaie d'un revers de main tout report et met en garde contre les arrêts maladie de complaisance, qui promettent d'être débusqués par des contrôles-surprise. En attendant le 15 octobre, date à laquelle les professionnels concernés devront obligatoirement présenter un schéma vaccinal complet, certains soignants soutiennent activement la vaccination sur les réseaux sociaux en lançant le hashtag #SoignantsVaccinés. Peut-être un moyen supplémentaire de convaincre les tout derniers réticents.

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