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"Les soignants ne verront aucune augmentation de salaire sur leur fiche de salaire de juillet..."

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Fonction Publique

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Thierry Amouroux, le porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC, le fait savoir haut et fort une communication trompeuse est relayée sur la hausse des salaires attendue par les soignants après la forte mobilisation du 16 juin dernier. Le point de départ de cette fake news, une dépêche AFP précisant qu’un projet d'accord discuté le 19 juin entre Nicole Notat et les syndicats prévoit une revalorisation à compter du 1er juillet. Premièrement, toute mesure de cette ampleur nécessite le vote d’une loi, rappelle-t-il. Le gouvernement a annoncé que ce sera à l’occasion du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui sera débattu à l’automne, et voté au plus tard en décembre. Il faudra ensuite la parution des textes réglementaires (décret et arrêté), les agents n’auront donc rien sur leur bulletin de paie avant fin décembre. Et d'ajouter, cette fakenews est délétère car elle donne de faux espoirs aux soignants, souvent confrontés à une perte de revenus familiaux du fait de leur conjoints victimes de la crise économique.

Thierry Amouroux l'explique : rappelons-le, les négociations n’ont pas encore commencé. Le ministre n’était pas là lors de la réunion du vendredi 19 juin. Le document écrit n’est pas un projet d’accord, mais un simple écrit, qui ne comporte aucun montant : ni le nombre de milliards consacrés au projet, ni le montant final de la revalorisation (ex. 300 euros/mois), ni les étapes (ex. palier de 100 euros par an pendant 3 ans), ni les métiers concernés (les infirmières et aides-soignants ? tous les professionnels de santé ? l’ensemble des hospitaliers ?). La consultation va prendre du temps : à l’issue des négociations avec le ministre, les syndicats consulteront les salariés, aucun projet ne sera acté avant mi-juillet. Ensuite les parlementaires pourront amender le projet de loi qui leur sera présenté explique-t-il.

Autre objet de colère du SNP CFE-CGC, la question du nombre de lits hospitaliers. En effet, en 20 ans, 95 services d’urgences et 100 000 lits ont été fermés, selon la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques. Nous demandons simplement que les capacités d’accueil à l’hôpital soient dignes d’une sixième puissance mondiale, résume Thierry Amouroux, qui réclame la réouverture de 20 000 lits. Avec 5 fois plus de lits de réanimations (5000 vs 25000), l’Allemagne a eu 4 fois moins de morts par le COVID19. Et d'enfoncer le clou : pendant la vague épidémique, les hôpitaux ont dû fermer des lits, en réduisant drastiquement l’activité programmée en chirurgie, ainsi que le suivi des patients chroniques. Or depuis la mi-mai, on constate sur le terrain, des directions d’hôpitaux qui ne rouvrent pas les lits fermés : combien de patients chroniques seront ainsi sacrifiés ?

Le SNPI réclame également 10 % de personnel en plus dans les hôpitaux, c’est-à-dire la création de 20 000 postes. Ce qui va permettre d’établir des ratios de patients par infirmier(e) selon les services (sur l’exemple de la réanimation, de la dialyse…). Et le doublement des effectifs dans les EHPAD, pour atteindre le ratio agents/résidents de l’Allemagne et des pays nordiques.

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