EN BREF

Urgences : 70 millions pour faire retomber la colère

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, réunissait ce vendredi matin dans son ministère, les principaux syndicats des hôpitaux publics ainsi que le collectif Inter-urgences, directeurs hospitaliers publics et privés mais aussi l'Ordre des médecins et celui des infirmiers, afin d'annoncer des mesures visant à mettre fin au conflit grandissant qui secoue les services d'urgence hospitaliers depuis maintenant plus de trois mois. Il s'agissait de la première réunion de la mission "urgences" et néanmoins urgente, confiée au député LREM Thomas Mesnier, urgentiste de formation, qui doit rendre sa copie en novembre prochain.

Agnès Buzyn met ainsi 70 millions d'euros sur la table :

  • 55 millions seront consacrés à la généralisation et à la revalorisation d'une "prime de risque" versée à l’ensemble des professionnels des services d’urgence (hors médecins), soit 30 000 personnes, à hauteur de 118 euros bruts/mois (100 € net) dès le 1er juillet 2019 et ce, afin de reconnaitre l’exposition des personnels affectés à la prise en charge de patients dans les structures mobiles d’urgences et de réanimation (SMUR) et dans des structures d’urgence (SAU) à des risques particuliers et des conditions de travail spécifiques. Une deuxième prime "de coopération" de 100 euros brut mensuel, pour le personnel paramédical sera également octroyée aux infirmiers dans le cadre de "protocoles" prévus par la loi Santé adoptée le 11 juin dernier au Sénat et qui se verront confier de nouvelles compétences.
  • Le reste de l'enveloppe, soit 15 millions d'euros, devraient permettre "aux services d'urgence en tension" de renforcer leurs effectifs paramédicaux durant la période estivale et de maintenir un maximum de lits ouverts. Afin de préparer la période estivale, la ministre réunira l’ensemble des professionnels et acteurs concernés au ministère le 18 juin prochain. Enfin, les ARS seront mobilisées afin d’engager des travaux de rénovation des urgences qui le nécessitent pour améliorer la qualité de l’accueil des patients et les conditions de travail des personnels hospitaliers.

La ministre a assuré l’ensemble des parties prenantes "de son engagement" à la fois à trouver des solutions rapides et concrètes pour soutenir les professionnels des services d’urgences, et définir avec eux un nouveau modèle d’organisation des services d’urgences. Sur le terrain, cependant, partout en France,les situations de crise, de grève et d'arrêts de travail se suivent et se ressemblent. Il y a fort à parier que ces premières mesures annoncées, bien que concrètes, ne suffisent pas à désamorcer la colère grandissante du secteur des urgences. 

Le Collectif Inter-Urgences souligne dans un communiqué que les protocoles de coopération restent sujet à de nombreuses incertitudes, notamment sur leurs modalités d'attribution, qui ne devraient pas de toute façon concerner les aides-soignants. De plus, le Collectif se questionne sur l'enveloppe de 15 millions d'euros pour soutenir les hôpitaux pendant la période estivale : son montant, ses modalités d'attribution et le calendrier. Et de rappeler qu'il y a encore 10 jours, le gouvernement n'avait pas d'objectif quantitatif sur le nombre de lits qui resteraient ouverts sur cette période, tandis que les services commencent déjà à fermer. Le Collectif votera en AG la poursuite ou non du mouvement dans les jours à venir. Quelle que soit la décision prise, le Collectif restera vigilant sur la mise en oeuvre des réponses de la ministre...

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