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Usage des médicaments de ville en France durant l’épidémie de Covid-19 et à la fin du confinement

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Epidémiologie

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Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) EPI-PHARE (constitué par l’Ansm et la Cnam) publie les résultats d’une étude de pharmaco-épidémiologie portant sur la dispensation sur ordonnance en pharmacie d’officine de médicaments remboursés pendant les 8 semaines de confinement et la première semaine post-confinement. Les résultats montrent que, durant cette période, la consommation de médicaments de ville en France a été profondément modifiée.

L'étude met, pour la première fois en évidence, une forte baisse de l’instauration de traitements pour de nouveaux patients pendant le confinement. Une très forte diminution de la délivrance de produits nécessitant une administration par un professionnel de santé déjà rapportée précédemment s’est poursuivie jusqu’à la fin du confinement et au-delà. Cette baisse concerne notamment les vaccins (-6% pour les vaccins penta/hexavalents des nourrissons, -43% pour les vaccins anti-HPV, -16% pour le ROR et -48% pour les vaccins antitétaniques la dernière semaine du confinement, cette diminution étant encore observée la semaine post-confinement) et les produits destinés aux actes diagnostiques médicaux tels que coloscopies (-62%), scanners (-38%) et IRM (-44%). Le nombre important d'examens non pratiqués de coloscopies, IRM, scanner, indispensables pour diagnostiquer certains cancers ou maladies graves en poussée, pourraient entraîner des retards de prise en charge, souligne le groupement d'intérêt scientifique. Un effondrement de l’utilisation de l’antibiothérapie (-30 à -40%), en particulier chez les enfants (- 765 000 traitements antibiotiques durant le confinement chez les 0 à 19 ans par rapport à l’attendu) a persisté pendant toute la durée du confinement et au cours de la semaine suivante. A l’inverse, certaines classes thérapeutiques ont vu leur utilisation augmenter en fin de confinement et lors de la première semaine de post-confinement, en particulier les hypnotiques (+6,9% la première semaine post-confinement) et à un degré moindre les anxiolytiques (+1,2% la première semaine post-confinement).

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