CONCOURS IFSI

Suppression du concours d'entrée en IFSI : les formateurs s'interrogent

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Formation en ifsi

Aujourd'hui encore, le concours d'admission en Institut de Formation en Soins Infirmiers comporte trois épreuves : deux épreuves d'admissibilité et une épreuve orale d'admission. Or, ce concours est en passe de disparaître, dès 2019, au profit d’une inscription sur la plateforme Parcours sup, avec entretien motivationnel. Une réforme qui interroge les étudiants, bien sûr, mais aussi les cadres formateurs.

étudiant en soins infirmiers

Les ESI ne sont pas les seuls à trouver les contours de la réforme un peu flous. Les cadre formateurs se questionnent également. 

Dans le cadre du projet d'universitarisation des formations en santé, le concours d'entrée en IFSI devrait être supprimé dès la rentrée 2019, au profit d’une inscription sur Parcours sup, et avec pour seul vestige, un entretien motivationnel. Un bouleversement qui soulève des questions parmi les futurs étudiants infirmiers, comme en témoignent de nombreux aspirants au concours sur le forum d'Infirmiers.com : Le choc pour moi. Je le passe en mars 2018 mais dans l'éventualité ou je ne l'aurais pas, que se passera t-il en 2019 ?, s'inquiète par exemple un internaute. Nous étions aussi allés demander leur avis aux étudiants qui ont intégré l'un des IFSI, celui des Diaconesses de Reuilly, dans le 12e arrondissement de Paris. Mais les ESI ne sont pas les seuls à trouver les contours de la réforme un peu flous. Les cadre formateurs se questionnent également, rapporte le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI CFE-CGC) dans un communiqué publié le 29 avril.

C'est un communiqué en forme de questions, qui résume assez bien l'ampleur des interrogations. Pour 2019 à quel moment l’information sera t-elle faite aux can­didats ? Par qui ? Comment ? ; Mise en place de l’entretien motivationnel : Durée d'entretien ? Financement des entretiens ? Par qui ? ; Concernant la plateforme parcours sup : Comment les IFSI seront référencés ? Par qui ? Comment ? Les cadres formateurs ont ainsi compilé une longue liste de questions relatives à l'universitarisation de la formation et à la suppression du fameux concours. Ils attendent surtout des réponses sur des points concrets de la réforme. Le syndicat précise également qu'il a constitué ses propres groupes de travail afin de faire des propositions au ministère.

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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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Commentaires (4)

SCHUSTER

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#4

...

Ce qui est clair, c'est qu'il n'est pas question de faire de l'élitisme comme en médecine ou en kiné, en ne recrutant que des filières S. Ceci étant, les missions et les responsabilités des IDE devant toujours plus croissantes et complexes, il est clair que les filières S réussissent globalement mieux. Ainsi, la philosophie de cette réforme est bien de maintenir une certaine diversité des profil, ce qui fait la richesse de nos promotions.

Par ailleurs, le référentiel de 2009 étant ce qu'il est, je rappelle simplement qu'il y a exactement le même volume horaire de stages clinique et de théorie. Le problème est que beaucoup de choses vues en cours ne sont pas reprises sur le terrain or, c'est précisément à ce moment-là que le raisonnement clinique se construit. Par exemple, un étudiant aura abordé en cours la phlébite, il aura été évalué et aura probablement validé son partiel mais si les IDE sur le terrain ne lui expliquent pas concrètement comment inspecter les mollets, comment réaliser la dorsiflexion du pied et comment faire les liens entre les signes présents et les antécédents du patients, l'étudiant aura totalement occulté son raisonnement clinique alors qu'il aura parfaitement su répondre aux questions quelques semaines plus tôt, à l'IFSI. C'est ce que l'on appelle en pédagogie, le transfert des apprentissages... et c'est un sujet passionnant !

mymyinf

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#3

Le tri risque de se faire bien avant les entretiens

Cette mesure semble simple mais je crains un coté arbitraire et sectoriel. Je m'explique.

Donnera t-on une chance à un élève bachelier en compta et souhaitant se réorienter? S'il démontre ses vives connaissances en culture générale, sa réflexivité, ses connaissances en bio, etc...

Est ce que (comme dans certains IUT informatique par exemple où l'on ne prend QUE ou majoritairement des Bacs S), on ne va pas déjà présélectionner les dossiers suivant les filières d'études afin de garantir un bon taux de réussite et donc une bonne image ?

Concernant les personnes un peu plus âgées ayant une vie professionnelles et souhaitant se réorienter dans le métier infirmier, comment vont-elles faire? Quelles seront leurs obligations? Ne seront-elles pas "filtrées" avant même de montrer leur potentiel du fait de l'obsolescence de leur diplôme (anciens baccalauréats)?

J'espère que ces chapitres seront vite éclaircis!

Allo?_pital_?

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#2

De quel(le)s infirmier(e)s voulons nous ?

De mon avis la formation en IFSI a été complètement dézingué, cours en vidéo, peu de travaux pratiques, très rare visite de formateur sur les lieux de stage, plus de mise en situation professionnelles, cursus de stage très aléatoire et très inégaux, découpage des semestres ubuesques (Vive les liens et le raisonnement clinique !), etc...

Et maintenant le concours... On va sélectionner quel profil ? Avec P.A.C.E.S, une année a apprendre par cœur des connaissances qui pour les 3/4 ne serviront en rien pour la formation IFSI, ni pour le métier d'infirmier... on va sélectionner ceux qui voulaient faire médecine est on échoué 2 fois... mais qui sont tout de même bien classé au détriment de l'étudiante pour qui le métier d'infirmière est une évidence, bienveillante, motivé et engagée... mais qui a du mal a retenir par cœur des listes de formules de chimie et d'équation mathématique...

et pour nous dans les équipes des "petits médecins" frustré qui sont là en attendant un pont pour des études de médecine... On a pas fini de souffrir !!

SCHUSTER

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#1

La sélection demeure, c'est la forme qui va changer... !

Attention, ne nous méprenons pas, il ne s'agit pas de "supprimer" le concours d'entrée mais de trouver un nouveau mode de sélection pour entrée en IFSI. Ainsi, l'entrée en L1 se fera toujours à l'issue d'une sélection préalable. Les discussions actuelles vont déterminer ce nouveau mode de recrutement.

Le concours d'entrée actuel a fait son temps et n'est plus qu'un leurre. Les tests psychotechniques permettent souvent, grâce au hasard qui fait parfois bien les choses, de gagner des points (pour exemple, une fois en IFSI, bon nombre d'étudiants sont en difficultés sur les calculs de doses alors que le niveau de maths aux tests est bien plus élevé). L'épreuve écrite de culture générale est de plus en plus pauvre en termes d'analyse et de raisonnement, sans compter les fautes d'orthographe pléthoriques qui ne sont pas sanctionnées à leur juste valeur. Quant à l'épreuve orale, il ne s'agit que d'une leçon bien apprise durant laquelle le candidat évoque les mots et concepts que le jury a envie d'entendre.

Les infirmiers ne sont pas que des techniciens tout juste bons à appliquer une prescription. Ils poss-dent un rôle propre qui engage leur responsabilité s'il fait défaut. Par conséquent, ils doivent avant tout être des cliniciens et cela ne s'improvise pas. Ils doivent être en mesure d'analyser une situation clinique complexe, procéder à un examen clinique et un recueil de données ciblés, analyser des valeurs biologiques témoignant d'un dysfonctionnement d'organe ou un déséquilibre homéostasique, identifier de manière précoce des signes cliniques (etc.) et tout cela nécessite des connaissances et un raisonnement clinique solides.

L'universitarisation du cursus infirmier doit donc avoir pour vocation de relever le niveau d'entrée pour garantir aux patients la qualité et la sécurité des soins qu'ils sont en droit d'attendre...