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Etat végétatif : viser toujours la dignité du patient

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Que le patient soit en état végétatif chronique (EVC) ou en état pauci-relationnel (EPR), le premier écueil à la prise en charge soignante est l’absence de communication ou plus précisément l’absence de retour verbal de la part du patient. Dans une situation singulière de communication à sens unique où, de plus, le doute peut subsister sur le diagnostic, le soignant va devoir s’interroger sur plusieurs points afin de conduire les soins en respectant la personnalité du patient, ses valeurs et sa dignité. Cécile Castella, étudiante en soins infirmiers à Albi (2014-2017), a défendu ce sujet lors de la soutenance de son TFE en juin dernier. Merci à elle pour ce texte très abouti.

soins infirmiers patient

De la réflexion sur le rôle du soignant va découler la réflexion sur le sens du soin et celle-ci doit amener le soignant à s’interroger sur les notions de cure et de care, éléments essentiels du prendre soin.

L’état végétatif est, d’un point de vue médical, une inconscience à long terme due à des lésions du cerveau conséquentes à un traumatisme, une défaillance cardiaque ou une anoxie. On parle d’état chronique au-delà de 18 mois d’état végétatif. Dans son ouvrage « Sortir du coma »1 le neurochirurgien François Cohadon2 définit l’état végétatif chronique comme étant une « absence, manque apparent de tout signe de conscience, de toute activité mentale alors que le sujet est éveillé, les yeux ouverts. Il n’y a aucune réponse aux ordres simples et la douleur n’est pas localisée ».

L’état végétatif chronique (EVC) peut se différencier de l’état pauci-relationnel (EPR) dans le sens ou ce dernier permet un degré de réponse minimal adapté aux stimulations extérieures mais variable selon les moments de la journée. Le patient EPR semble intégrer l’information sensorielle et/ou émotionnelle environnante. Ces deux états, dits états de conscience minimale, concernent entre 1500 et 1700 personnes en France. Cependant ces deux états peuvent se combiner selon les jours ou même les moments de la journée, ce qui entraine des incohérences entre l’état d’éveil diagnostiqué et l’état clinique du patient et ce, malgré les échelles d’évaluation telles que la WHIM (Wessex Head Injury Matrix) ou la CRS-R (Coma Recovery Score Revised) pourtant validées et fiables.

Le soignant doit miser sur le pari des possibles Le soignant va donc devoir s’interrogerTout d’abord, au regard de l’importance de la communication dans la relation humaine et à fortiori dans le soin, le soignant devra déterminer quelles sont les ressources disponibles pour appréhender ce patient avec qui il n’y pas de mode de communication fiable. Il devra aussi s’interroger sur l’essence même de son rôle mais aussi sur le sens qu’il veut donner aux soins, et comment cela impacte le statut du patient.La...

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