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TFE – La « LATA » en Réa, le soin d'une éthique

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En 2013, Guillaume Klimek, alors étudiant à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers de Blois (promotion 2010-2013), soutenait avec succès son travail de fin d’études sur le thème « La limitation et arrêt de(s) thérapeutique(s) active(s) en Réa, le soin d'une éthique ». Il souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’Infirmiers.com et nous l'en remercions.

patient alité hospitalisé

Comment accompagner et prendre soin jusqu'à la mort ?

Guillaume Klimek introduit son travail de recherche ainsi : « La limitation et arrêt de(s) thérapeutique(s) active(s) (LATA), est une phrase bien médicale et juridique pour accompagner une personne en fin de vie. Après plusieurs expériences, je me suis rendu compte que la loi Leonetti était peu connue, voire inconnue et pour la majorité mal interprétée. Pourtant, ce texte est la référence en matière de non obstination des soins.

Aujourd'hui, quelle place donner aux choix du patient pour une fin de vie digne dans un contexte où il faut guérir sa propre mort ? Comment humaniser un soin quand la technique et la performance sont les seuls mots d'ordre ? La réanimation est aujourd'hui l'un des lieux où l'on vient mourir, alors comment les professionnels se sont-ils adaptés à ces nouvelles décisions de fin de vie dans un service où l'ont veut sauver ? Nous, soignants, sommes formés à accueillir, éduquer, écouter, prévenir et pour globaliser, prendre soin d'une personne à part entière. Alors sommes nous suffisamment formés et impliqués pour contribuer à la décision d'arrêt des thérapeutiques ? Connaissons-nous suffisamment les souhaits du patient et a fortiori ceux des proches pour prendre une telle décision ? Comment accompagner et prendre soin jusqu'à la mort ? La famille est-elle suffisamment impliquée dans la/les décision(s) ? Comment la famille est-elle accompagnée par les soignants dans cette décision de limitation des soins ? Le médecin est-il au final seul responsable de la décision d'arrêt des thérapeutiques ? Comment l'infirmière doit-elle se positionner dans cette prise de décision ? Nos valeurs sont-elles un frein aux choix du patient ?

Pour éclairer un peu plus mes recherches, je vais citer les personnes travaillant en soins palliatifs qui définissent simplement l'accompagnement de la fin de vie : « Tout ce qu'il reste à faire quand il n'y a plus rien à faire ». Ces quelques mots résument bien le rôle et le devoir que nous avons envers ces personnes souffrant et voulant mourir dignement. Comme évoqué précédemment, le décès se déroule de plus en plus en service de réanimation, un lieu où la technique est omniprésente et où l'on peut vite oublier l'importance de l'humain, de la vie mais aussi de la mort. La « bonne mort » est souvent recherchée, mais qu'est ce qu'une bonne mort aujourd'hui ? Comment les soignants voient-ils la mort ? Les valeurs personnelles, spirituelles et surtout professionnelles suffisent-elles à atteindre le meilleur choix éthique ?

L'hypertechnicisation de la médecine moderne a permis d'accroître de manière spectaculaire la vie mais elle a aussi permis des dérives insupportables en matière de soins. Comme le début de la vie, la fin elle aussi, se déroule dans les services hospitaliers. Cela a provoqué un changement radical dans les modes de penser la mort. Les lois permettent une diminution des actes de judiciarisations et donc une protection de l'usager comme du professionnel, mais provoquent un certain désinvestissement en matière d'humanité, qui est pourtant la base du soin. L'éthique dans le soin semble une alternative pour recentrer les pratiques et surtout réfléchir sur les situations difficiles auxquelles sont confrontés les soignants.

Lire le TFE « La limitation et arrêt de(s) thérapeutique(s) active(s) en Réa, le soin d'une éthique »

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Rédactrice Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com

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