TFE

TFE - Le rôle de l’infirmier dans la recherche d’alternatives à la contention et l’isolement

Cet article fait partie du dossier:

Formation en ifsi

    Suivant

En juin 2019, Cyril Guibert, étudiant en soins infirmiers à l'Institut de formation de la Croix Rouge Française de Bègles (promotion 2016-2019) soutenait avec succès son travail de fin d'études sur la thématique suivante : Quel est le rôle infirmier dans la recherche d’alternatives à la mise sous contention et à l’isolement suite à un passage à l’acte auto et/ou hétéro agressif d’un patient psychotique en secteur fermé ?  Il souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’Infirmiers.com et nous le remercions.

TFE- Le rôle de l’infirmier dans la recherche d’alternatives à la contention et l’isolement

La psychose entrainant une perte de contact avec la réalité, l’infirmier se doit de palier à cela. En effet, l’équipe soignante doit maintenir un lien jugé acceptable entre le délire du patient et la réalité. Ce dernier ne devant pas devenir trop envahissant pour freiner les interactions sociales, la prise en charge et la vie du patient

A la fin de ma deuxième année de formation en soins infirmiers, j'ai réalisé mon 7ème stage dans un service de psychiatrie, en Unité pour Malades Difficiles (UMD) en Gironde, où la situation suivante se déroule. Ce service accueille une patiente souffrant majoritairement de psychose et d’autisme. Elle a déjà un long parcours dans différentes unités de psychiatrie et elle se montre particulièrement auto et hétéro agressive. Les moyens mis à disposition dans ce service, font que les soins peuvent être individualisés et ainsi plus de temps peut être consacré à chaque patient.

En effet, la dizaine de patients du service est accompagnée par trois ou quatre soignants par amplitude horaire. Cela permet d’adapter au mieux la prise en charge de chaque patient et de lui fournir la contenance nécessaire. Cependant, malgré la contenance, le professionnalisme et la disponibilité des soignants, certaines violences se perpétuent et imposent ainsi un isolement et une contention du patient. Ces mesures sous contraintes permettent ainsi de protéger le patient de lui-même, mais aussi les autres.

Bien que les bénéfices de l’isolement et de la contention fussent flagrants, certaines questions ont émergé en moi. De plus, le stage suivant, également effectué en psychiatrie dans un établissement où la contention et l’isolement n’étaient pas du tout utilisés, a renforcé ces questions.

Alors que la part des patients hospitalisés à temps plein mis en chambre d’isolement ne cesse d’augmenter passant de 6.6% en 2011 à 8.3% 201513, très peu d’études prouvent l’efficacité de cet isolement et des contentions.

Mesure de protection mais de coercition

Ces mesures de protection du patient et de l’environnement (humain et matériel) interviennent ainsi en période de crise. Lorsque l’isolement n’est pas suffisant à la sécurité du patient, les contentions peuvent alors être ajoutées, toujours sur décision médicale. Or, en plus du rôle sur prescription, le rôle propre est mobilisé dans le cas de ces mesures coercitives. En effet, le patient étant contenu, ne peut pas agir de sa propre volonté et ne peut pas se mouvoir comme souhaité. Le patient contenu est alors entièrement dépendant de l’équipe soignante le prenant en charge.

De plus, la présence soignante induite par l’isolement, la contention mécanique et ses surveillances, fait qu’une contenance psychique est aussi présente. En effet, il y a toujours quelqu’un qui est présent à chaque passage, et qui le reste si le patient le demande. Cette contenance permet un soutien, un support en bordant le psychisme de ce patient morcelé et désorganisé.

Tous les professionnels interrogés disent que la mise en place d’alternatives vient de l’infirmier et des moyens qui sont à sa disposition, que ce soit les moyens humains ou matériels.

La contention d’un patient en secteur fermé, bien que nécessaire dans certains cas, soulève ainsi la question de la dépendance dans un cadre qui le prive déjà de liberté totale de mouvement. L’équipe soignante fait ainsi face à des questionnements éthiques. D’autres questions ont émergé en moi, notamment à propos de la création de la relation avec un patient isolé et contenu, ou à propos de la contenance des angoisses d’un patient psychotique et de la prévention des comportements violents, mais aussi à propos de la contenance d’un service fermé. En effet, les mesures que sont l’isolement et la contention peuvent pousser l’infirmier agissant sur décision médicale à s’interroger sur ces pratiques. Comme le dit Lynda Sales Caires, infirmière en psychiatrie : D’un point de vue déontologique, le devoir du soignant est de respecter le principe d’égalité des hommes, et donc, d’égale valeur en dignité de toutes les vies humaines. Il s’agit aussi de respecter la liberté du patient et les droits du patient. La contention physique semble alors constituer une entorse à ces droits fondamentaux du patient car il s’agit d’une privation de liberté.

Cependant, dans certaines situations, les équipes soignantes ne peuvent pas faire autrement que d’isoler et de contenir.

Lire le TFE – "KINTSUGI" (PDF)

Creative Commons License

Redaction d'infirmiers.com

Retour au sommaire du dossier Formation en ifsi

Publicité

Commentaires (0)