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Universitarisation des formations en santé : le Cefiec en 1ere ligne

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Formation en ifsi

Après la parution du rapport de l'Inspection générale des affaires sanitaires (Igas) et de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (Igaenr) intitulé « Pour une meilleure intégration des formations paramédicales à l’université : mise en œuvre des mesures 5, 6 et 13 de la Grande conférence de santé » et du communiqué de presse commun des ministères des Solidarités et de la Santé et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Comité d'Entente des Formations Infirmières et Cadres (Cefiec) a été reçu avenue Duquesne par le conseiller spécial chargé des questions de formations. Alors que cette question de l'intégration des formations en santé à l'université s'avère cruciale pour tous les acteurs concernés, le Cefiec rappelle par communiqué son souhait d' être au coeur des débats

etudiant faculté

L'intégration des formations en santé à l'université : une mutation ambitieuse pour laquelle le Cefiec souhaite rester un interlocuteur de premier ordre avec les tutelles.

Dans le cadre de l'intégration des formations paramédicales à l'université, le Cefiec représenté par sa présidente, Martine Sommelette, et une Vice-Présidente Amanda Dubray, était reçu au ministère des Solidarités et de la Santé, le 6 septembre dernier, par Lionel Collet (chargé des questions de formations). Cette première rencontre nous aura permis de réaffirmer notre positionnement quant à la nécessaire intégration des formations en santé à l'université mais également d'exprimer nos priorités pour garantir le succès de cette intégration ; priorités exprimées notamment à travers les 11 propositions que nous avions formulées en mars dernier en amont de la campagne présidentielle.

Le Cefiec l'a exprimé de longue date, la formation infirmière telle qu'elle existe aujourd'hui est entrée depuis 2009 dans une mutation fonctionnelle et organisationnelle qui doit la conduire vers l'université. L'universitarisation des formations est une nécessité pour poursuivre une harmonisation européenne des diplômes et permettre à terme un accès vers une discipline en sciences infirmières.

Les 11 propositions rappelées ci-dessous constituent une base de travail sur laquelle souhaite s'appuyer le Cefiec dans le cadre des futurs échanges avec les différents acteurs impliqués dans cette ambitieuse mutation :

  • garantir la réponse aux besoins de santé de la population par l'employabilité des futurs professionnels sur l'ensemble des territoires ;
  • maintenir la professionnalisation des futurs professionnels de santé ;
  • développer la recherche en sciences infirmières par la création d'une discipline au sein de l'université ;
  • favoriser l'émergence d'un corps professoral mixant les compétences professionnelles et académiques ;
  • poursuivre le développement des compétences numériques ;
  • piloter la démarche qualité des formations en santé ;
  • poursuivre le développement de la démocratie étudiante ;
  • proposition 8 - Permettre le développement de la démocratie en santé ;
  • proposition 9 - Favoriser l'interprofessionnalité entre les différents professionnels de santé et du social ;
  • proposition 10 - Promouvoir le développement de la pratique avancée infirmière ;
  • proposition 11 - Harmoniser la formation infirmière au niveau Européen.

L'objectif poursuivi par le Cefiec est de garantir l'offre de soins mais également un accès pour tous à la formation. Nous donnons des repères et des formations professionnalisantes qui permettent aux étudiants d'acquérir en trois ans, un métier transposable immédiatement avec un raisonnement clinique, une approche par compétences et un savoir-faire articulé autour des pratiques professionnelles » autant de priorités qu'il nous faudra garantir dans un contexte d'intégration à l'université précise Martine Sommelette.

Le Cefiec salue la volonté d'ouverture et d'échanges des deux ministères avec l'ensemble des acteurs, étudiants, formateurs, universités, professionnels, collectivités territoriales pour mener cette mutation vers l'université.

Poursuivre une démarche d'ouverture et de dialogue...

Le Cefiec envisage à court terme, pour accompagner l'évolution de ces formations en santé, des propositions concernant la place et les missions des équipes pédagogiques et de direction dans ce nouveau schéma dans le cadre de la mission lancée le 1er septembre dernier par Agnès Buzyn et Frédérique Vidal « Poursuivre l'intégration des formations paramédicales et de maïeutique dans l'université ». Le ministère des Solidarités et de la Santé par la voix de son conseiller spécial a précisé que le Cefiec, représentant 100% des Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) et des Instituts de formation de Cadre de Santé (IFCS), et en contact avec l'ensemble des étudiants en soins infirmiers et cadres de santé, était un acteur incontournable pour garantir la réussite de l'universitarisation.

Rappelons que les 683 établissements affiliés au Cefiec forment un maillage territorial qui permet quotidiennement d'être au plus proche des besoins des quelque 104 000 acteurs de la formation (élèves, étudiants, formateurs, directeurs et personnels administratif et logistique) répartis dans les différents instituts (IFSI, IFCS, IFAS et IFAP). La rédaction d'infirmiers.com suivra attentivement ce dossier qui pose de très nombreuses questions en terme d'organisation, de pédagogie, d'articulation des parcours de formation sans oublier les transferts de coût et sans nul doute bien d'autres choses...

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (1)

SCHUSTER

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7 commentaires

#1

restons vigilants...

L'annonce de la reprise du dialogue est, certes une bonne nouvelle mais il me semble important de rester vigilants tout au long de cette concertation.

OUI à l'universitarisation de la formation des infirmiers, mais pas à n'importe quel prix ! La question de la sélection doit être absolument revue. Elle doit être plus sélective et je pense que l'on devrait sommer les enseignants des lycées professionnels (bac professionnel...) de faire croire à ces jeunes que l'IFSI est la voie royale ! ...la réalité est tout autre, ces jeunes, s'ils parviennent à obtenir leur concours, se retrouvent en difficulté et ne possèdent pas le niveau requis pour certains enseignements scientifiques (biologie, calculs de dose...) de plus en plus dispensés par l'Université, voire pour le raisonnement tout court.

Il me semble par ailleurs essentiel d'exiger et de défendre l'autonomie de notre filière et non d'être rattachés aux facultés de médecine et de revenir 50 ans en arrière !

Nos aîné(e)s se sont battus pour que nous nous affranchissions de paternalisme médical et pour que nous ayons un rôle propre et une autonomie décisionnelle... il s'agirait de ne pas tout réduire à néant mais de faire fructifier ces acquis !

MNH