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Carburant : les infirmières libérales "se déplacent à perte", alerte Convergence Infirmière

Publié le 21/09/2026

Avec la flambée actuelle des prix des carburants, les infirmières libérales, qui interviennent au domicile des patients, se déplacent «à perte», alerte le syndicat des Infirmières libérales, Convergence infirmière. Dans un communiqué daté du 21 septembre, il demande des indemnités plus élevées et «indexées» sur ces prix. Le gouvernement, et notamment la ministre de la Santé Stéphanie Rist, devrait présenter mardi 22 septembre de nouvelles aides aux Français les plus touchés par la flambée des prix des carburants.

voiture, affiche infirmière libérale

Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Dimanche, le prix du gazole atteignait 2,41 euros en moyenne en France, un nouveau record, mais l'indemnité forfaitaire qui compense les déplacements des infirmières, versée par l'Assurance maladie, «reste figée à 2,75 euros, inchangée depuis janvier 2024», souligne le syndicat représentatif Convergence infirmière dans un communiqué.

"Moins de 3 euros/heure"

Une partie des infirmières peuvent facturer des «indemnités kilométriques» (dépendantes du nombre de kilomètres) en plus de cette indemnité forfaitaire, mais pas lorsqu'elles résident dans la même agglomération que le patient qu'elles vont voir, observe le syndicat.

Ainsi, par exemple, «pour une injection intramusculaire au domicile d'un patient situé à sept kilomètres du cabinet, l'infirmière libérale facture 7,25 euros (acte et indemnités comprises). Le déplacement lui coûte 6,02 euros» et il lui reste «1,23 euro, pour une intervention qui mobilise environ 25 minutes, soit moins de 3 euros/heure avant toute charge sociale et fiscale», calcule Convergence infirmière.

Ce raisonnement «se répète à l'identique pour un pansement, une perfusion, une surveillance clinique, une prise de sang»: l'infirmière «perd de l'argent» en allant à domicile, «ce n'est pas soutenable», plaide l'organisation.

En zone rurale, en plaine, l'infirmière peut facturer en supplément 0,35 euro par kilomètre effectué, mais «l'administration fiscale reconnaît un coût de revient de 0,43 euro», déplore-t-elle encore.

Outre le carburant, l’indemnité de déplacement est d'ailleurs supposée couvrir «l'achat du véhicule, l'assurance, les pneus, les révisions, l'entretien et les réparations».

Nous ne demandons pas un privilège. Nous demandons que l’indemnité censée couvrir nos déplacements couvre effectivement nos déplacements. Aujourd’hui, une infirmière qui prend sa voiture pour aller faire une injection chez un patient perd de l’argent en s’y rendant. Ce n’est pas soutenable, et cela ne durera pas. Ghislaine Sicre, présidente de Convergence Infirmière.

Outil de travail 

«Notre voiture n'est pas notre moyen de nous rendre au travail. C'est notre outil de travail (...) Si les soignants ne peuvent plus rouler, les patients ne seront plus soignés chez eux, et ils finiront à l'hôpital, qui n'a déjà plus de place», avertit dans un autre communiqué le collectif des infirmiers libéraux en colère (Cilec). Les infirmières ne «réclament pas une aide», mais «un remboursement de ce qu'(elles) avancent pour aller soigner», ajoute-t-il.

« Les infirmières libérales maillent tout le territoire, y compris là où il n’y a plus de médecin, rappelle à son tour Ghislaine Sicre. Nous sommes le maillon le moins coûteux et le plus disponible du système de santé. Refuser 1,25 € de plus par déplacement, c’est prendre le risque de réorienter des patients vers des prises en charge deux à cinq fois plus chères. Ce n’est pas une revendication catégorielle : c’est un avertissement d’efficience. »

Les deux organisations réclament une hausse importante de l'indemnité forfaitaire de déplacement - 3,50 euros pour le Cilec, 4 euros pour les patients dépendants pour Convergence infirmière - et une indexation de l'indemnité sur les prix réels des carburants. Elles réclament aussi «un accès prioritaire» aux carburants en période de tension d'approvisionnement.

De nouvelles aides à venir ?

Le gouvernement va présenter mardi 22 septembre de nouvelles aides aux Français les plus touchés par la flambée des prix des carburants, alors que sa marge de manoeuvre budgétaire est réduite et les contraintes internationales amenées à durer.

Lors d'une conférence de presse à Bercy, les ministres Maud Bregeon (porte-parole et Energie), Roland Lescure (Economie), David Amiel (Comptes publics), Stéphanie Rist (Santé), Catherine Chabaud (Mer et Pêche) et Serge Papin (PME, Commerce) présenteront chacun leurs dispositifs destinés à «accompagner les ménages, les entreprises et les secteurs les plus exposés».

La rédaction d'Infirmiers.com avec l'AFP

Source : infirmiers.com