À l'approche de l'élection présidentielle 2027, l'Ordre National des Pharmaciens propose de créer « une visite pharmaceutique à domicile » pour les personnes âgées. Parmi l'axe 2 de ses propositions, « répondre au vieillissement de la population et au virage domiciliaire : soigner mieux, plus près du patient », cette mesure figure en 16e place, ainsi formulée : « Dans le cadre du maintien à domicile des personnes âgées, mettre en place une visite pharmaceutique à domicile ». Il n'en a pas fallu bien plus pour irriter Daniel Guillerm, président de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI). Si celui-ci se défend de toute volonté « d'allumer une guerre », car, tient-il à rappeler, « infirmiers et pharmaciens sont complémentaires », il a tout de même trouvé la proposition saumâtre. « Le domicile relève de l'exercice infirmier » tempête-t-il.
Premier argument avancé par la FNI : cette proposition fait doublon avec un acte infirmier « qui existe déjà ». Deuxio : le pharmacien dispose du Bilan partagé de médication (BPM), or, aujourd'hui en France, seules 15% des officines ont réalisé ces bilans selon l'Assurance Maladie. « Il faudrait peut être que les pharmaciens s'emparent des outils à leur disposition (et notamment de ce Bilan partagé de médication) pour les patients âgés, ce qui permettrait une meilleure coordination avec les infirmiers - qui pourraient au passage également y avoir accès pour fluidifier les choses ». Tertio : « faire sortir le pharmacien alors que le nombre de titulaires d'officines a reculé de près de 12% en 10 ans (selon le panorama de la démographie pharmaceutique publié chaque année par l'Ordre) revient à dégarnir le comptoir sans garantir pour autant une présence à domicile dans les territoires qui en ont le plus besoin ».
En réponse, la FNI avance trois contre-propositions
En réponse, la FNI formule trois contre-propositions :
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Ouvrir l'accompagnement à la prise médicamenteuse en accès direct : permettre à l'infirmier d'intervenir au domicile pour veiller au respect de l'observance thérapeutique.
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Renforcer le binôme officine/infirmier : articuler la collaboration autour des outils existants (comme le BPM) plutôt que d'ajouter un déplacement supplémentaire.
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Partager l'accès aux données de dispensation* : ouvrir cet accès aux infirmiers (actuellement réservé aux médecins, pharmaciens et biologistes) afin de sécuriser la préparation des piluliers.
« Le pharmacien analyse les traitements et l'infirmier le sécurise au quotidien », résume Daniel Guillerm. « La iatrogénie médicamenteuse (c'est-à-dire les effets indésirables, les surdosages, les mauvaises associations de médicaments ou les hospitalisations évitables chez les personnes âgées) se combat dans la durée, pas en une seule visite ».
* La dispensation est l'acte pharmaceutique encadré par le Code de la santé publique qui consiste, pour un pharmacien, à délivrer un médicament ou un produit de santé à un patient.
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