PRATIQUE AVANCÉE

Implantation des Infirmiers en Pratique Avancée : 3 guides pour tout savoir

Publié le 17/11/2025

L’ARS Provence-Alpes-Côte-d’Azur propose trois guides pour aider les structures à implanter un infirmier en pratique avancée (IPA) en milieu hospitalier, en soins primaires et en Ehpad. En établissement hospitalier, un processus en 4 étapes est décrit. 

Infirmière dans un couloir d'hôpital, consulte un ordinateur

Crédit photo : BURGER / PHANIE

Depuis l'apparition de la pratique avancée en 2016, les IPA se déploient en France. Pour accompagner ce mouvement, l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte-d’Azur (ARS PACA) propose depuis la fin du mois d'octobre sur son site trois guides qui visent à « apporter une réponse pratique aux équipes d’encadrement et aux équipes de soins ». L’ARS souligne également les possibilités de formation sur la région.

En établissement hospitalier, l’ARS repère trois étapes : définir le projet en équipe, suivre le projet, définir les indicateurs de suivi de l’activité et le financement du poste IPA, choisir la candidature et le mode de formation. Destinés aux directeurs et à l’encadrement, ces trois guides rappellent le cadre et les textes juridiques, les grands principes de la pratique avancée dans les différents contextes et donnent les clés pour une implémentation réussie.

Première étape : cibler les besoins

La première étape consiste à définir le projet en équipe, afin de cibler les besoins du service de soins et de déterminer les conditions médico-économiques de la réalisation du projet pour évaluer son financement. Deux possibilités s'offrent au service : le recrutement d'un IPA déjà diplômé en interne ou externe ; ou le recrutement d'un infirmier diplômé d'État motivé à suivre la formation IPA. À savoir tout de même que la seconde hypothèse est conditionnée à l'accompagnement par un tuteur, un IPA diplômé ou cadre de santé. Enfin, pour clore cette première étape, il est primordial de rédiger le projet d'implantation final, dont les guides fournissent un modèle. 

En Ehpad, l'accent est mis sur la nécessité de mobiliser et faire adhérer les collaborateurs. L'étude de faisabilité du projet repose avant tout sur l'identification des besoins spécifiques en Ehpad, l'analyse des ressources disponibles et enfin la définition précise du rôle et des missions de l'IPA dans la structure.

processus implantation IPA

Suivi du projet 

La seconde étape concerne le suivi du projet. «L'équipe d'encadrement paramédicale est le garant de la complétude et du suivi du dossier», souligne le guide. L'équipe doit informer la direction des soins (en lui adressant le dossier complet) ainsi que l'équipe médicale de l'avancée du projet. Troisième étape : définir les indicateurs de suivi de l'activité et le financement du poste IPA. En lien avec la hiérarchie, l'encadrement paramédical et médical valide définitivement, ou non, le dossier. L'encadrement définit aussi la ligne budgétaire allouée au poste IPA. «En cas de non-validation, le projet pourra être représenté après réajustement», précise le guide.

Dans le secteur médico-social, le guide recommande de formaliser le projet pendant la formation du futur IPA. Il est ainsi préconisé d'élaborer un plan de prise de poste qui précise à la fois le cadre d'exercice de l'IPA mais repense aussi l'organisation et les pratiques de la structure. Il est nécessaire en ce sens de sensibiliser et former les équipes au rôle de l'IPA.

La réussite du projet d'implantation de la pratique avancée repose sur la prise en compte des besoins et sur l'investissement de l'institution. 

Exercice centré sur la clinique 

Le choix de la candidature et du mode de formation éventuel seront statués lors d'une troisième étape en fonction du choix de recrutement privilégié. L'IPA exerce au sein d'une équipe pluridisciplinaire et intervient à différents moments du parcours de soins, rappellent les guides.

En Ehpad, les deux voies de recrutement sont également possibles. Dans les deux situations, l'ARS recommande de sélectionner le candidat adéquat (une expérience forte en gériatrie est notamment recommandée) et de faciliter l'intégration de l'IPA par un accueil personnalisé et un accompagnement au démarrage, voire une formation aux particularités de l'Ehpad.

Les guides notent également que «l'exercice de l'IPA est centré sur la clinique et laisse place à des activités afférentes de recherche, de veille bibliographique, de formation». Ils précisent aussi que la réussite du projet d'implantation de la pratique avancée repose sur la prise en compte des besoins et sur l'investissement de l'institution (l'implantation nécessite entre autres une prise en compte de l'aspect des ressources humaines et matérielles). Par ailleurs, la construction de l'activité de l'IPA doit intégrer la notion de sécurisation des soins et son implantation doit faire l'objet d'une véritable campagne de communication au sein de l'établissement et des partenaires.

    Implantation en soins primaires 

    Pour les IPA qui souhaitent exercer en ville, le guide de l'implantation en soins primaires donne des conseils pour préparer l'installation. 

    Le diagnostic territorial doit tenir compte des critères suivants :

    • Le contexte géographique - Il est important d’établir un cahier des charges territorial: identifier le secteur (ville, zone rurale) et ses particularités ( précarité, vieillissement, priorités de santé publique…) via les projets de santé prioritaires.
    • L’analyse de la population - Les caractéristiques sociodémographiques permettent de définir le profil de la population. Les éléments à considérer sont les suivants : nombre d’habitants et répartition par âge (pour anticiper les besoins en soins) notamment pour les populations âgées ou en croissance rapide ; catégories socioprofessionnelles et taux d’emploi (pour comprendre les conditions de vie et les besoins en santé).
    • L’offre de soins existante - Vous devez cartographier l’offre de soins existante pour identifier les ressources disponibles et les besoins : les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, cabinets de groupe, maisons de santé existantes) / Les spécialités disponibles et les éventuelles carences (absence de certains spécialistes) afin de compléter l’offre de soins de manière cohérente.
    • Les besoins de santé de la population  - À cette étape, vous devez évaluer les besoins en santé de la population. Cette évaluation repose sur : l’état de santé général avec des indicateurs comme la mortalité et les affections de longue durée (ALD), les besoins non couverts, notamment pour les maladies chroniques ou les pathologies fréquentes, afin de mieux orienter l’offre de soins.

    Les trois guides sont en téléchargement gratuit sur le site de l’ARS PACA :

    • Guide d’implantation en milieu hospitalier  (pdf, 766.12 Ko)

    • Guide d’implantation en soins primaires  (pdf, 1.46 Mo)

    • Guide d’implantation en EHPAD  (pdf, 1.25 Mo)

     

    La Rédaction d'Infirmiers.com

    Source : infirmiers.com