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Excrétas : quand les professionnels "oublient" de se protéger

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Hygiène hospitalière

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Selon une étude menée en Picardie présentée la semaine dernière lors du 27e congrès national de la Société française d'hygiène hospitalière (SF2H), beaucoup de soignants ne protègent pas leur tenue professionnelle lors de la gestion des excrétas...

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Seul un quart des professionnels utiliserait un tablier à usage unique pour la réfection des lits ou encore les soins de stomie.

Afin de sensibiliser le personnel des établissements de santé picards à la gestion des excrétas, Annie Brenet du CHU d'Amiens et ses collègues ont dressé un état des lieux des équipements spécifiques et des connaissances des professionnels. L'antenne régionale de lutte contre les infections nosocomiales (Arlin) Picardie a fourni à chaque établissement une analyse de ses propres données et a également produit un rapport régional.

En cause, un manque de formation ?

L'enquête a été conduite auprès de 22 établissements de santé et 1 512 professionnels. Lors de l'enquête, près de 80% n'avaient reçu aucune formation sur la gestion des excrétas. Chez les patients dépendants, un quart des professionnels sondés ont déclaré utiliser un tablier à usage unique pour la réfection des lits ou encore les soins de stomie, environ 20% lors de la manipulation des collecteurs d'urine ou d'étui pénien et 11,5% en nettoyant des vomissures. Dans ces situations, seulement 9% du personnel utilisait une sur-blouse et moins de 2% se munissait des deux protections.

Une aubaine pour les bactéries multirésistantes

Les deux tiers des répondants ont indiqué qu'ils n'utilisaient rien pour protéger leur tenue professionnelle. Dans le résumé de leur présentation, les auteurs indiquent que cette évaluation documente la non-conformité des pratiques visant à prévenir la transmission croisée des bactéries multirésistantes aux antibiotiques (BMR) et des bactéries hautement résistantes aux antibiotiques émergentes (BHRe). Ils estiment cette situation liée à la méconnaissance ou au non-respect des précautions standard. Ils espèrent une amélioration des pratiques en menant des campagnes de sensibilisation et de formation. Ils soulignent néanmoins que l'importante charge de travail à laquelle sont confrontés les personnels de la plupart des établissements pourrait être à l'origine de cette situation.

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