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Plaie en milieu humide : du bon usage du pansement

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Plaies et cicatrisation

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Si aucun pansement ne cicatrise, il est néanmoins l’outil indispensable pour créer les conditions d’une bonne cicatrisation. Après la découverte du Docteur Winter sur l’importance de soigner une plaie en milieu humide, le marché du pansement s’est totalement transformé et les innovations se sont multipliées. Quels pansements choisir à quel moment de la cicatrisation ? On fait le point. Merci à la Fédération Nationale des Infirmiers pour ce partage.

Plaie en milieu humide : du bon usage du pansement

Les problématiques liées aux plaies et à leur cicatrisation sont abordées dans la formation initiale des infirmières. Pour autant, les IDEL sont de plus en plus nombreuses à vouloir renforcer cette compétence spécifique.

Depuis 2012, les infirmières peuvent prescrire des pansements. Cela arrive assez souvent car bon nombre de médecins et de chirurgiens prescrivent des pansements qui ne sont pas toujours adaptés aux besoins du patient, rapporte Luc Miossec, infirmier et président de la FNI Finistère. Il y a parfois une certaine méconnaissance des produits disponibles sur le marché (type, forme, taille, absorption…)

Une très grande variété de pansements

Il existe, aujourd’hui, une très grande variété de pansements permettant, selon l’évolution de la plaie et le stade de cicatrisation, d’hydrater les plaies sèches ou d’absorber les exsudats. Le choix peut donc devenir complexe.

  • Pansement hydrogel, interfaces ou tulles siliconés. Dans le cas d’une plaie sèche, le pansement hydrogel, conçu à base de gels contenant une grande quantité d’eau, va permettre une hydratation de la plaie. Tout comme les interfaces ou tulles siliconés qui sont hydrophobes. Ils adhèrent à la peau mais ne collent pas, ce qui facilite le retrait du pansement et évite la douleur, souligne Luc Miossec.
  • Pansements hydrocellulaires. Lorsque la plaie est particulièrement exsudative, il convient d’absorber le liquide organique sans pour autant dessécher la plaie. L’évaluation de la quantité d’exsudat permet de choisir le pansement adapté comme les pansements hydrocellulaires. Imperméables à l’eau et aux bactéries, ils sont constitués de polymères (mousse de polyuréthane) et ont la capacité d’absorber, entre autres, l’exsudat émanant de plaies chroniques ou aiguës selon les stades de cicatrisation. La forme de ces pansements s’adapte généralement à toutes les zones du corps ainsi qu’à la plupart des tailles de plaies. Ils sont faits de trois couches, une silicone, une compresse absorbante et un film polyuréthane pour l’étanchéité.
  • Pansements hydrofibres. Ils sont composés de fibres qui se transforment en gel cohésif (pouvoir absorbant) au contact de l’exsudat. Les alginates ont une très grande capacité d’absorption. Les polymères d’acides alginiques (obtenus à partir d’algues) qui composent ces pansements sont également connus pour leurs propriétés hémostatiques. Certains pansements alginates et hydrofibres ont, dans certains cas, la capacité de retenir les germes dans leurs fibres, complète Luc Miossec.
  • Pansements ultra-absorbants. Enfin, il existe une gamme de pansements ultra-absorbants pour les plaies particulièrement exsudatives comme les ulcères veineux. Ces dispositifs qui ont remplacé les pansements américains permettent de gérer l’excès d’humidité, précise l’infirmier. Ils sont particulièrement adaptés aux écoulements fluides. Le principe se rapproche de celui des couches pour enfants. Ils sont très fins mais s’alourdissent à mesure qu’ils recueillent l’exsudat.

Concernant les pansements, il y a parfois une certaine méconnaissance des produits disponibles sur le marché (type, forme, taille, absorption…)

Quelles innovations demain ?

Les innovations en matière de pansements pour le traitement des plaies en milieu humide semblent connaître une certaine accalmie. Depuis la mise en place du tulle siliconé ou pansement interface, il n’y a pas eu de grosses évolutions, estime Luc Miossec. La recherche a développé les pansements par pression négative, utilisés aujourd’hui en hospitalisation à domicile (HAD). Et des expérimentations sont menées autour du pansement électrique dont les impulsions accéléreraient le processus de régénération de la peau et donc la cicatrisation.

Plaies et cicatrisation : se former pour une prise en charge

Les problématiques liées aux plaies et à leur cicatrisation sont abordées dans la formation initiale des infirmières. Pour autant, les IDEL sont de plus en plus nombreuses à vouloir renforcer cette compétence spécifique. Ainsi les formations se sont très largement développées au cours des dernières années. Les diplômes universitaires (DU) Plaies et cicatrisation sont désormais délivrés dans une vingtaine d’universités à travers la France. En règle générale, le DU se déroule sur une année découpée entre enseignements théoriques et sessions de formation compatibles avec une activité professionnelle. La FNI assure également des journées de formation plaies et cicatrisation animées par des experts via son organisme de formation, Afcopil.

S’appuyer sur un réseau de conseil

Quelques réseaux locaux spécialisés dans la cicatrisation des plaies existent en France. Particulièrement actif et structuré, le réseau CICAT-Occitanie réunit des médecins et des infirmières expertes en plaies et cicatrisation répartis sur l’ensemble de la région et une cellule de coordination. Ils interviennent à la demande du soignant pour le former ou l’accompagner dans la prise en charge d’un patient à domicile ou en établissement de santé. Les IDE experts référents de ce réseau sont tous titulaires d’un diplôme universitaire Plaies et cicatrisation. Elles sont devenues référentes du réseau par une validation des acquis et une période de tutorat […] Elles continuent à se former et à se perfectionner par la participation à des sessions trimestrielles au CHRU Montpellier et acceptent le système de validation systématique de chacune de leurs interventions par la coordination médicale, précise-t-on du côté de l’association CICAT-Occitanie.

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