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L’Ordre national infirmier avance 66 propositions pour transformer le système de santé

L’Ordre national des infirmiers a dévoilé ses propositions en amont des élections pour transformer le système de santé, à la suite d’une consultation menée auprès de la profession. Avec comme enjeu d’assurer l’autonomie et la fidélisation des professionnels.

Pour établir ses propositions, l'Ordre s'est appuyé sur une consultation à destination des infirmiers.

La santé est désormais la première préoccupation des Français. Il faut la remettre au premier plan. C’est l’ambition portée par l’Ordre national des infirmiers (ONI), qui présentait mercredi 16 février, par la voix de Patrick Chamboredon, son président, 66 propositions pour "un système de santé plus proche, plus efficient et plus durable", qu’il entend soumettre aux différents candidats aux présidentielles. Pour les formuler, l’Ordre a lancé une enquête qui, du 14 au 20 janvier, a drainé les réponses de 60 000 infirmiers. Et mis en exergue deux enjeux majeurs : l’autonomie, maître-mot, et la fidélisation de ces professionnels. Car la crise sanitaire a bien révélé les failles de notre système de santé, alors même qu’il est confronté aux défis que sont le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et les impacts du changement climatique. Il faut remettre le système de santé au cœur du débat, car faire société passe aussi par lui.

Accéder au premier recours

Cette transformation passe en premier lieu par le renforcement de l’accès aux soins pour tous les Français, sur l’ensemble du territoire. La crise sanitaire a apporté quelques avancées, mais il reste des réformes à aménager, remarque Patrick Chamboredon. L’ONI propose ainsi de développer l’accès de premier recours aux infirmiers car s’il existe des déserts médicaux, il n’existe pas de déserts infirmiers. Alors que 7,4 millions de Français n’ont pas de médecin traitant et qu’un retour à la normale médicale dans les territoires en souffrance n’est pas attendu avant au mieux 2035, la population infirmière, estimée à 750 000 professionnels par la Drees, est en revanche en mesure de couvrir les besoins de santé. Or la prescription médicale constitue encore un frein à l’accès au sein. Il faut absolument lever ce frein, peut-être avec parcimonie, mais nous constatons qu'il ralentit les prises en charge, insiste-t-il. Il s’agirait également de modifier le paradigme des parcours de soin et d’améliorer la prise en charge à domicile en permettant aux patients d’être suivis directement par des infirmiers référents et d’encourager le développement de l’exercice coordonné, via les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP). L'ordre souhaite aussi engager rapidement une réforme de la tarification à l'activité.

La consultation en quelques chiffres
Selon la consultation réalisée par l’ONI :
•    99% des infirmiers estiment que l’avenir du système de santé doit être un thème majeur de la campagne.
•    89% pensent que les femmes et hommes politiques français ne sont pas conscients de l’urgence de réformer le système de santé.
•    85% jugent prioritaire de développer le premier recours infirmier.
•    73% estiment que la prescription médicale est parfois un frein à l'accès aux soins.
•    84% sont favorables pour l’élargissement du champ d’exercice des compétences infirmières au travers de la pratique avancée ou des transferts de compétences.
•    86% pensent qu’il faut former les soignants aux nouveaux risques.

Autre nécessité : remettre le patient au cœur du système de soin en lui donnant plus largement la possibilité d’évaluer la qualité de ses prises en charge et en élargissant la représentation des usagers dans les systèmes de gouvernance. À cela s’ajoute le besoin d’intégrer plus amplement les élus locaux dans toutes les structures de gouvernance de la santé, à commencer par les ARS, et de développer des politiques de santé adaptées à chaque territoire afin de construire une véritable démocratie sanitaire. Il nous faut instaurer des ratios infirmiers» dans les services «afin de garantir la sécurité et la qualité de soins, plaide également Patrick Chamboredon, rappelant que de telles mesures existent déjà dans d’autres pays européens et dans les services de réanimation et de dialyse en France.

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Commentaires (1)

Phil

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61 commentaires

#1

Tu parles...

Les infirmiers libéraux veulent le droit de se prescrire des actes... pour faire du chiffre...

L'intérêt du patient, c'est d'être suivi par un vrai médecin.

La grande majorité des infirmiers sont des salariés qui ont déjà fort à faire avec les soins déjà prescrits et ne revendiquent pas de faire en plus de la paperasse !