PRÉVENTION

Grippe : la HAS se prononce pour l'obligation vaccinale des soignants

Publié le 21/07/2026

C'est un avis qui était très attendu : celui que la Haute Autorité de santé (HAS) devait rendre sur une éventuelle obligation vaccinale antigrippale pour certaines catégories de population et pour les professionnels de santé. Pour ces derniers, elle a rendu un avis favorable. Le ministère de la Santé a aussitôt indiqué vouloir entamer les travaux pour mettre en œuvre la mesure.

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La vaccination obligatoire pour les résidents d’EHPAD, non ; mais pour les professionnels de santé du sanitaire et du médico-social qui travaillent à leur contact, oui. Telle pourraient se résumer les recommandations publiées lundi 20 juillet par la Haute Autorité de santé (HAS) sur l’obligation vaccinale contre la grippe. Saisie par le ministère de la Santé à la suite du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, qui incluait la disposition pour les professionnels libéraux, l’Agence se prononce ainsi pour le maintien de la recommandation antigrippale existante pour les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité. En revanche, elle préconise précisément «la mise en place d’une obligation vaccinale annuelle contre la grippe, d’une part, pour l’ensemble des professionnels de santé (salariés et/ou libéraux), d’autre part, pour les autres professionnels des établissements de santé et des établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées, en contact avec des personnes à risque de forme sévère de grippe.» Une préconisation qu’elle étend aux étudiants des filières médicales et paramédicales.

Priorité donnée aux EHPAD et USLD

Pour rendre son avis, la HAS indique s’être appuyée sur le fardeau sanitaire de la grippe saisonnière, entre multiplication des hospitalisations des plus vulnérables en période d’épidémie et excès de mortalité, mais aussi sur les risques accrus pour les professionnels de santé de contracter l’infection... et donc de la transmettre aux personnes qu’ils prennent en charge. Elle s’est également nourrie d’expériences à l’étranger, et notamment en Finlande et aux États-Unis, où l’obligation vaccinale des soignants a rapidement permis d’atteindre des taux de vaccination supérieurs à 90%. «Le devoir d’exemplarité, de déontologie et de responsabilité professionnelle, ainsi que la nécessité d’assurer la protection des personnes prises en charge et la cohérence des messages de santé publique portés par les professionnels de santé a été aussi mis en avant par plusieurs organisations professionnelles» lors des auditions, avance-t-elle enfin.  

Il faut dire que, malgré les incitations, la couverture vaccinale contre la grippe chez les soignants français ne décolle pas : en 2024-2025, seuls 20% d’entre eux l'étaient en établissement sanitaire, contre 21% en EHPAD. La HAS recommande de déployer en priorité cette obligation vaccinale dans les EHPAD et les unités de soin à longue durée (USLD), des services où les patients ont souvent plus de 75 ans et pour lesquels la capacité de réponse immunitaire est fortement diminuée, même quand ils sont protégés par la vaccination. «C'est ce qui explique que la couverture vaccinale élevée des résidents (82,7 %) ne suffit pas à empêcher la survenue fréquente d'épisodes grippaux (cluster) en Ehpad associée à un risque élevé de formes graves et de mortalité chez les résidents (6% vs 0,1% pour les soignants)», précise d’ailleurs l’Agence. 

En ce qui concerne les établissements de santé et les autres structures médico-sociales, la HAS table plutôt sur un déploiement progressif de l’obligation vaccinale, sur une période de deux ans renouvelables «afin de garantir la faisabilité et l'acceptabilité de la mesure». Un rythme qui permettra aussi d’identifier plus précisément les professionnels concernés par cette obligation. 

La HAS n’est pas la première institution à se positionner pour l’obligation vaccinale antigrippale des professionnels de santé, antienne qui revient de plus en plus régulièrement depuis la crise Covid. En mai dernier, l’Académie de médecine se prononçait déjà pour cette obligation, et ce pour l’ensemble des personnels de santé, y compris les professionnels libéraux. Mais pour entrer en vigueur, une telle obligation nécessite un décret en Conseil d'État précisant modalités et personnels concernés.  

Aucune sanction prévue la première année

À la suite de cette publication, le ministère de la Santé a aussitôt indiqué dans un communiqué vouloir entamer «les travaux permettant d'évaluer les conditions d'un déploiement pouvant couvrir l'ensemble des publics concernés.» Ils passeront par une concertation avec les représentants des professionnels en exercice et des étudiants, mais aussi les employeurs, les fédérations du sanitaire et du médico-social et les représentants des usagers. Un calendrier de mise en œuvre de l'obligation vaccinale doit également être défini, qui prenne en compte «les capacités d'approvisionnement et d'administration» des vaccins. En attendant, les établissements sont invités de leur côté à préparer la campagne : information sur ses enjeux et facilitation de la vaccination sur les lieux de travail, qui ne doivent pas faire oublier la prévention contre les infections respiratoires, à renforcer. Précision importante : aucune sanction ne sera appliquée au cours de la première année.

«Lorsque l'on soigne des personnes âgées, immunodéprimées ou particulièrement fragiles, nous avons une responsabilité collective. L'avis de la Haute Autorité de santé constitue une étape importante. [...] Notre objectif est clair : mieux protéger celles et ceux qui risquent le plus de développer des formes graves de la grippe», a réagi Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, citée dans le communiqué. 

Chaque année, la grippe saisonnière prélève un lourd tribut chez les personnes les plus vulnérables. En 2023-2024, elle avait entraîné 53 000 hospitalisations dont 26 000 chez les plus de 65 ans, un chiffre qui avait grimpé à 92 000 lors de l’épidémie suivante, marquée également par un excès de mortalité estimé à 17 000 décès. «Neuf décès sur dix concernent des personnes de 65 ans et plus, et principalement celles de 75 ans et plus», décompte ainsi la HAS. 

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com