Elle était attendue depuis les premiers éléments annoncés par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), en mars dernier. Le gouvernement vient de dévoiler sa feuille de route nationale de lutte contre l’obésité. Composée de 8 mesures déclinées en «22 actions opérationnelles», elle «consolide ce qui fonctionne, corrige ce qui fragilise, et accélère là où l’attente est forte» et s’inscrit dans la continuité de la précédente feuille de route 2019-2022, écrit Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, en introduction du document. «L’obésité continue de progresser et en particulier les formes les plus sévères. Elle touche de plus en plus tôt. Elle s’inscrit durablement dans les inégalités sociales, économiques et territoriales», et entraîne d’importantes complications médicales qui peuvent altérer durablement le quotidien de ceux qui en souffrent. Car si le taux de surpoids et d’obésité a légèrement diminué entre 2015 et 2024, la proportion de la population adulte souffrant d’obésité a, elle, augmenté. «49 % des adultes étaient au moins en surpoids et 17 % en situation d’obésité. En 2024, 48,8 % de la population française est au moins en surpoids mais 18,1 % de la population adulte française est en obésité», est-il ainsi indiqué. Et chez les enfants et adolescents, 20% d’entre eux étaient en surpoids ou en situation d’obésité en 2020. Plus largement, l'obésité touche de plus en plus de personnes dans le monde. Selon une étude publiée en mars 2024 dans The Lancet, 880 millions d'adultes vivaient en situation d'obésité en 2022.
Structurer les parcours, développer les filières et former les professionnels
La feuille de route fixe ainsi 4 objectifs :
- Contribuer à infléchir la courbe d’évolution de la population en situation d’obésité et à améliorer la santé des personnes qui en sont atteintes
- Augmenter la file active d’accès à des soins personnalisés, en proximité et sur le long cours
- Développer le nombre d’intervenants sensibilisés et augmenter le nombre de professionnels formés
- Et capitaliser sur les parcours et les prises en charge innovantes en couvrant les différents niveaux de prise en charge graduée.
Les mesures s’articulent en 3 axes. Le premier suppose de mieux structurer les parcours de soins, en commençant par un repérage et une orientation précoces et en améliorant le recueil et l’analyse des données épidémiologiques : sensibilisation des PMI et en milieu scolaire au repérage, outiller les professionnels de la santé au travail pour l’adressage des patients, améliorer la connaissance épidémiologique de l’hyperphagie boulimique… Le second s’appuie sur la poursuite du développement des filières obésité via les centres spécialisés obésité (CSO). Au nombre de 42 sur le territoire, ceux-ci ont pour mission de dispenser les soins dits de troisième recours auprès des personnes en situation d’obésité sévère et/ou complexes. Ils disposent d’équipes pluridisciplinaires. Parmi les actions déclinées dans ce second axe, sont mentionnés la nécessité d’améliorer la pertinence du parcours bariatrique, de sensibiliser les professionnels de premier recours à la thématique de l’obésité, ou encore d’améliorer les conditions d’accès à des transports adaptés. Enfin, le dernier axe entend «développer la formation et outiller les professionnels de santé (soignants et autres intervenants)», via la création d’un module d’enseignement spécifique sur l’obésité dans le 3ème cycle des études de médecine, ou l’inscription de la prévention et de la prise en charge de l’obésité dans l’offre de formation continue, par exemple.
Le besoin d'une approche globale et personnalisée
«Soigner l’obésité, c’est accepter une réalité : il s’agit d’une prise en charge au long cours, qui exige des parcours coordonnés, une approche globale de la personne, des professionnels formés, des équipements adaptés, des solutions de transport et d’accessibilité, notamment pour les formes graves et complexes», rappelle Stéphanie Rist. «C’est aussi reconnaître que l’obésité est un marqueur de vulnérabilité sociale, et que l’accès aux soins ne peut être conditionné ni par les ressources financières, ni par le lieu de vie.»
L’ensemble de ces nouvelles mesures rejoindront ainsi celles déjà mises en application sur le terrain, dont la transposition dans le droit commun d’une expérimentation Article 51 autour de la prise en charge médicale et non médicale d’adultes en situation d’obésité complexe, dans le cadre d’un programme de soins et d’éducation thérapeutique du patient adapté à ses besoins. Organisé autour d’une équipe socle (médecin, infirmier), il prévoyait une coordination du parcours individuel et des différents intervenants. Suite à l’évaluation de ce dispositif, un premier Parcours Coordonné Renforcé «obésité» sera déployé courant 2026.
Accéder à la feuille de route 2026-2030 "Prise en charge des personnes en situation d'obésité"
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