Pour les syndicats hospitaliers, c’est la douche froide. Et la colère gronde. Les propositions du gouvernement en matière de complémentaire santé pour la fonction publique hospitalière (FPH) ne sont tout simplement pas à la hauteur ni des attentes, ni des besoins des agents. Présenté le vendredi 29 mai à plusieurs syndicats, la CGT, FO, la CFDT, Sud et l'UNSA, le projet interministériel s’appuie sur une enveloppe participative de l'État de 400 millions d’euros, soit 27 euros par agent. Il faudrait le double, selon les organisations, qui font part de leur mécontentement dans une lettre adressée à Sébastien Lecornu, le Premier ministre. «Nous sommes d'accord entre nous : si le Premier ministre ne bouge pas» sur le montant mis sur la table, «il n'y aura pas d'accord possible», a déclaré Didier Birig, de la fédération FO des personnels des services publics et de santé.
Quelques jours plus tôt, dans un communiqué daté du 3 juin, la CFDT Santé sociaux taclait une proposition jugée «inéquitable», surtout au regard de ce qu’il se pratique dans les autres branches de la fonction publique. «Dans les ministères de la Fonction publique d’État, la participation atteint en moyenne 35 euros, creusant un écart pouvant atteindre 28%» avec la FPH. «La santé des 900 000 femmes exerçant dans la FPH vaudrait-elle moins que celle des hommes, hauts fonctionnaires, qui peuplent les ministères et qui osent nous proposer une protection sociale au rabais ? », s’insurgeait-elle la CFDT.
Un décalage du calendrier qui ne passe pas
La colère est d’autant plus grande que les agents de la FPH sont les derniers de la fonction publique à pouvoir bénéficier de la complémentaire santé. Et que celle-ci, dont la mise en place était prévue à l’origine pour le 1er janvier 2027, ne sera effective qu’en septembre 2027. Il s’agit d’un «contournement de la loi votée au Parlement. Ce calendrier interviendrait après l’élection présidentielle», poursuivait le syndicat, soupçonnant le gouvernement de fuir ses responsabilités. La CFDT identifie également un autre point d’inquiétude : l’absence, à ce stade, de toute négociation sur le dispositif de prévoyance dans un secteur pourtant marqué par des conditions de travail fortement dégradées. Le dispositif de prévoyance est pourtant essentiel pour protéger les travailleurs contre les risques de maladie, d’accident, d’invalidité ou encore de décès.
Un comble, alors que les agents hospitaliers sont confrontés à la dégradation de leurs conditions de travail, et que la santé des soignants s’est imposée comme une priorité.
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